Je me souviens du jour où j’ai annoncé à ma famille et à mes amis, que j’avais décidé de retourner sur les bancs de l’école pour démarrer des études de Naturopathie. “Des études de quoi ?” a été pour la plupart, leur réaction immédiate.
Je n’étais pas étonné puisque quelques mois plus tôt, je découvrais moi-même cette discipline (appelons-la comme telle pour le moment), qui m’eut été jusqu’alors totalement inconnue.
Lorsque mes proches ont réagit de la sorte, j’ai donc dû très rapidement apprendre à expliquer, simplement, ce qu’est la Naturopathie et pourquoi je souhaitais l’étudier.
Si je devais faire le même exercice ici, et que vous deviez repartir sans avoir eu le temps de lire cet article plus loin que l’introduction, je vous dirais simplement la chose suivante : La Naturopathie est une approche holistique dont l’objectif est de permettre à chacun et chacune d’entre nous de maintenir ou restaurer sa santé par des moyens naturels, par l’adoption d’une hygiène de vie qui soit personnalisée, par la transmission de savoir et par l’éveil des consciences en matière de bien-être.
Cette définition, bien qu’incomplète, peut sans doute déjà capter votre attention et permettre d’éveiller votre curiosité sur le mot “holistique”. Cette notion est essentielle puisqu’elle doit vous permettre de comprendre que la naturopathie ne vient pas seulement considérer l’aspect physique du corps humain, mais bel et bien tout ce qui constitue une personne, à savoir les aspects émotionnels, psychologiques, et spirituels.
Car oui, derrière le mot naturopathie se cache tout un monde. Un monde qui considère l’être humain dans sa globalité (entendez par là le corps, le cœur, et l’esprit) et qui cherche à accompagner chaque individu pour ce qui le rend unique. Un monde qui s’appuie sur le bon sens, la nature, la prévention, la responsabilité individuelle et la sagesse du vivant.
Mais alors comment tout cela prend forme ?
Que peut-on réellement attendre de la naturopathie et est-elle faîte pour tout le monde ?
Comment elle s’installe dans le paysage du bien-être et de la santé en général, et est-ce une approche compatible avec notre religion ?
Enfin, en quoi consiste une consultation et un accompagnement naturopathique ?
Et bien c’est tout l’objet de cet article et c’est ce que nous allons tenter de voir tranquillement, simplement, étape par étape.
Une définition simple et essentielle
Pour vous donner une définition plus « académique », vous pouvez considérer que la naturopathie est une approche globale de la santé, qui vise à maintenir ou restaurer l’équilibre de l’organisme par des moyens naturels, en soutenant la capacité d’auto-guérison du corps.
Contrairement à beaucoup d’idées reçues, elle est loin de se limiter uniquement à l’utilisation des plantes, ou même de régimes alimentaires, et surtout, elle ne s’oppose pas à la médecine conventionnelle (que l’on appellera aussi allopathique) telle qu’on la connait toutes et tous depuis l’enfance. L’approche naturopathique propose avant tout une hygiène de vie préventive, qui soit personnalisée et donc adaptée à chaque personne dans ce qu’elle a de plus unique, ainsi qu’à son environnement et à son parcours de vie.
Au cœur de l’approche naturopathique, on retrouve plusieurs principes fondamentaux qui viennent structurer la vision du corps, de la santé et de l’accompagnement. Je ne vais pas trop rentrer ici dans le détail, mais on peut déjà citer quelques grandes idées clés qui forment les piliers de la naturopathie.
La vitalité, d’abord, désigne l’énergie propre à chaque individu, cette force d’auto-guérison qui est présente en chacun et chacune d’entre nous. En naturopathie, on parle donc souvent d’”énergie vitale”. Elle nous permet, lorsque les bonnes conditions sont réunies, de retrouver l’équilibre sans forcément avoir recours à une intervention extérieure. C’est cette capacité naturelle que la naturopathie, par son approche, cherche à soutenir et à préserver.
Ensuite, l’approche holistique rappelle que l’être humain ne se résume pas à un corps physique. Ce que nous vivons émotionnellement, mentalement ou même spirituellement, a un impact réel sur notre état de santé et de bien-être. Lorsqu’il accompagne, le naturopathe prend donc en compte l’ensemble des dimensions intérieures de la personne qu’il reçoit, ainsi que son environnement extérieur, son mode de vie et ses habitudes.
Le causalisme, autre pilier essentiel, invite à toujours chercher la ou les causes profondes d’un déséquilibre, plutôt que de se contenter de venir masquer les symptômes en surface et temporairement. En naturopathie, nous voyons plutôt un symptôme comme étant un signal intelligent du corps, qu’il convient d’écouter plutôt que de faire taire sans comprendre réellement ce qui l’a déclenché.
Vient ensuite la notion d’hygiénisme, qui relève du bon sens et insiste sur l’importance d’un mode de vie sain, adapté, et cohérent avec les besoins naturels du corps humain. Cela concerne à la fois l’alimentation, le sommeil, le mouvement, la respiration, le contact avec la nature, la gestion du stress… et bien plus encore. C’est en prenant soin de ces “fondamentaux” du quotidien que le corps retrouve (ou concerve) toutes ses capacités.
Enfin, le principe d’humorisme fait référence à la qualité et à la circulation des grands liquides du corps (comme le sang, la lymphe, la bile, etc.) qui assurent l’équilibre de nos cellules, de nos organes, et donc de notre santé globale. Car une mauvaise élimination ou un encrassement progressif de ces liquides peut perturber tout l’organisme. D’où l’importance, en naturopathie, de soutenir régulièrement les organes d’élimination, que l’on appelle “émonctoires” et qui est une notion très importante.
Enfin, n’oublions pas qu’à tous ces principes s’ajoute une règle éthique essentielle, et que l’on résume souvent par une citation très célèbre d’Hippocrate : « D’abord ne pas nuire ».
Car oui, la naturopathie cherche avant tout à respecter les rythmes du corps, à ne rien brusquer, et à proposer un accompagnement qui soit doux, individualisé/personnalisé, et qui soit non-iatrogène (entendez par là « sans effets secondaires indésirables »).
Dans un cadre naturopathique, chaque conseil, chaque technique, et chaque produit proposé doit donc être évalué selon sa capacité à aider la personne sans lui nuire.
C’est aussi pour cela qu’un bon naturopathe ne doit jamais aller au-delà de ses compétences, et doit avoir la responsabilité d’orienter la personne qui le/la consulte vers un autre praticien/thérapeute, professionnel, ou vers le médecin traitant dès que cela s’avère nécessaire.
Les techniques utilisées en naturopathie
Vous connaissez à présent les grands fondements de la naturopathie et ce qui oriente l’approche du naturopathe dans son accompagnement. Ceci étant dit, vous vous demandez sans doute comment tout cela se concrétise et quelles sont réellement les moyens mis en oeuvre pour aider une personne qui consulte. Et vous avez bien raison, car en réalité, les piliers que nous venons de voir concerne surtout le praticien.
En revanche, ce qui concerne bien plus les personnes désireuses de se faire accompagner, ce sont les techniques naturopathiques, pour la simple et bonne raison que ce sont ces mêmes techniques qu’elles vont devoir réellement mettre en place dans leur quotidien afin d’oeuvrer pour leur bien-être.
Alors voyons de plus près quelles sont concrètement ces techniques, que nous allons diviser en 2 grandes catégories : les techniques principales, et les techniques complémentaires.
Les techniques principales.
On peut considérer qu’il existe 3 champs d’actions majeurs que l’on utilisera dans pratiquement tous les accompagnements.
- L’alimentation et tout ce qu’elle comporte : ici, l’objectif est de travailler sur l’équilibre alimentaire de la personne en la sensibilisant et en adaptant ses habitudes alimentaires en fonction se son propre terrain, de son tempérament, de ses inconforts et en ajustant la manière dont elle se nourrit de façon adaptée. Plus simplement, il s’agit d’aider une individu à mieux connaître son moteur et sa mécanique, pour qu’il puisse remettre le bon carburant, en bonne quantité, et au bon moment.
- L’exercice physique : vous avez sans doute déjà entendu l’adage suivant : le mouvement, c’est la vie ! Et bien il résume très bien l’objectif derrière cette technique. L’idée est de pouvoir installer ou ré-installer une dynamique d’activité physique régulière de façon à stimuler les membres d’une personne, fluidifier ses liquides, l’aider à éliminer ses déchets et la réoxygéner. Là encore, le but est d’agir de la façon la plus adaptée possible, en fonction des capacités et du niveau d’énergie de chacun et chacune.
- La gestion psycho-émotionnelle : vaste sujet, souvent complexe, mais essentielle à la santé réelle et au bien-être durable. Nous ne parlons pas nécessairement ici d’un accompagnement psychologique, qui devra se faire auprès d’un psychothérapeute ou d’un psychologue dédié, et que le naturopathe conseillera d’aller consulter lorsque cela s’avère nécessaire. Toutefois, à travers ce champs d’action, on pourra travailler en naturopathie sur des techniques de relaxation, de gestion du stress, de reconnexion à soi, de rapport à la spirirutalité, de coaching associé aux motivations profondes et à la mission de vie, etc.
Ces 3 techniques majeures seront donc adressées/utilisées dans 99% des cas car le « simple » fait de travailler (de la bonne façon) sur ces 3 axes apporte le plus souvent des changements positifs majeurs dans la vie et le bien-être d’une personne.
Les techniques complémentaires.
Pour autant, il existe tout un tas d’autre techniques qui peuvent être utilisées en naturopathie pour venir compléter ou soutenir le travail effectué sur les 3 axes principaux. Le but n’est absolument pas de vouloir toutes les utiliser, mais elles représentent simplement des outils que le naturopathe pourra choisir de manipuler s’il estime qu’ils peuvent être bénéfique pour la personne qu’il accompagne, selon les affinités, et les besoins.
Inutile de trop rentrer dans le détail, mais on parle principalement ici de :
- Hydrothérapie : ce qui s’apparent aux bienfaits de l’eau sous toutes ses formes.
- Phytothérapie : l’usage des plantes et de leurs bienfaits thérapeutiques.
- Aromathérapie : qui représente l’usage des huiles essentielles.
- Techniques manuelles : ou pour faire plus simple, les massages bien-être.
- Réflexologie : qui correspond à l’utilisation des points de pression que nous avons sur les pieds ou les mains.
- Techniques respiratoires : la mise en place de techniques de respiration et tous les bienfaits qu’elles apportent d’un point de vue physiologique et émotionnel.
Encore une fois, le but est d’utiliser les bons les leviers en fonction de chaque personne. Aussi, sachez que la liste n’est pas exhaustive et qu’il existe encore d’autres techniques que je n’ai volontairement pas citer ici. D’abord pour que vous puissiez garder en tête l’essentiel, mais aussi parce qu’au Figuier, en tant que musulmans, nous utilisons uniquement des techniques qui sont pleinement conformes à notre religion.
Les Cures naturopathiques
Si je devais vous donner une image mentale, dites-vous que les techniques naturopathiques sont la boîte à outils du naturopathe, les grands fondements représentent le plan et les consignes de construction, et les cures sont les grandes phases du projet, qui rythment et structurent tout le processus de transformation.
En effet, chaque accompagnement s’articule généralement autour de ces trois temps fondamentaux, qui viennent s’installer dans le contexte de chacun et chacune, selon son état du moment, ses besoins, ses ressources et son environnement. Après analyse et compréhension de la personne qui consulte, les conseils du naturopathe vont donc s’inscrire dans l’une de ces 3 cures, avec un ou plusieurs objectifs définis.
Il est important de comprendre que ces cures ne sont pas figées, ni totalement indépendantes les unes des autres. Elles forment plutôt une dynamique évolutive. À certains moments, l’organisme a besoin d’éliminer ce qui l’encombre et à d’autres, il faut surtout le nourrir, le renforcer ou le stabiliser. L’idée est donc de savoir se situer et se constituer son propre chemin de bien-être à un instant T, afin de faire les bons choix et maximiser les résultats.
Et avec le temps, on peut tout à fait passer d’une cure à l’autre, en fonction de son évolution, de ses ressentis et des résultats obtenus.
Je précise aussi qu’il existe en réalité une 4ème cure, mais je ne l’aborderai pas ici pour ne pas faire plus compliqué, d’autant plus qu’elle reste bien trop rarement accessible dans le contexte de vie actuel de la plupart d’entre nous.
Alors voyons à présent, rapidement et simplement, en quoi consistent ces 3 cures principales.
La cure de désintoxication.
Elle vise à alléger l’organisme et à soutenir vos émonctoires, c’est à dire vos organes chargés d’éliminer les déchets et les toxines (foie, intestins, reins, poumons, peau…).
L’idée est de permettre au corps de se libérer de ses surcharges, qu’elles soient alimentaires, physiques, émotionnelles ou environnementales.
C’est généralement une phase courte et adaptée au niveau d’énergie du moment : plus la vitalité est basse, plus l’approche doit être douce. C’est fondamental ! On peut y mettre en place, selon la situation, des outils comme :
- Des monodiètes ou des phases de jeûnes très légers et ponctuels.
- Des plantes drainantes qui soient adaptées et avec la bonne posologie.
- Une alimentation plus simple et plus digeste.
- Une meilleure hydratation.
- Des exercices de respiration.
- Des mouvement doux ou des massages qui vont venir favoriser la circulation.
Selon les cas, il est aussi très utile de travailler à alléger le mental, l’environnement ou le rythme de vie afin de laisser de l’espace à notre organisme pour se réactiver comme il se doit. Encore une fois, dans cette phase, le but n’est jamais de brusquer le corps. Une détox trop forte quand l’énergie est faible ne nettoie pas : elle épuise, et peut clairement accentuer les inconforts.
L’objectif de cette cure est donc de créer les conditions idéales pour que le corps élimine naturellement, dans le respect de son rythme et de sa vitalité.
La cure de revitalisation.
La cure de revitalisation vise à reconstruire, nourrir et recharger l’organisme pour l’aider à retrouver sa pleine énergie.
On cherche ici à rééquilibrer les carences, restaurer les fonctions vitales et redonner au corps les ressources dont il a besoin pour bien fonctionner. On va donc ici passer par des outils simples mais très efficaces :
- Une alimentation plus riche, vivante et revitalisante, adaptée aux besoins et au terrain de la personne.
- Améliorer la qualité du sommeil et des temps de repos.
- Un meilleur contact avec la nature, la lumière, le soleil…
- Un soutien ciblé sur les sphères digestives, nerveuses, et hormonales.
- Des pratiques de respiration et d’oxygénation, ainsi que l’utilisation de l’exercice physique de façon douce et adaptée.
- Travailler sur le plan émotionnel car il arrive très souvent que la fatigue et le manque de vitalité soit tout aussi lié à cet aspect (manque de sens profond, dépression, burn-out/bore-out, situation familiale et professionnelle, mission de vie…)
La phase de revitalisation est extrêmement importante dans le processus d’auto-guérison, car elle redonne au corps les briques de base pour pouvoir se reconstruire et reprendre son chemin.
Là aussi, il est important de faire preuve de douceur et d’adaptabilité, car il ne s’agit pas de « forcer » quoi que ce soit, mais plutôt de réinstaller des conditions de vie qui nourrissent la vitalité, sur tous les plans, et de faire en sorte qu’elles restent là sur le long terme.
La cure de stabilisation.
Puisque l’on parle justement de « long terme », la dernière étape de l’accompagnement correspond à ce que l’on appelle la stabilisation. Cette cure vise à ancrer durablement tous les changements positifs initiés dans les phases précédentes.
Elle permet de consolider les nouvelles habitudes, d’ajuster les routines d’hygiène de vie aux réalités de son quotidien, et de maintenir un état d’équilibre qui soit stable dans le temps, c’est à dire sans être trop dur avec soi-même, sans pression, mais surtout sans retour en arrière.
C’est à ce moment-là qu’on transforme un programme d’accompagnement en mode de vie. On apprend à adapter son alimentation, son rythme, ses activités et ses priorités en fonction des cycles de vie, des contraintes personnelles et professionnelles, des saisons et de ses besoins du moment.
Cette partie est souvent négligée ou même sous-estimée, car lorsque la vitalité a été retrouvée par le travail effectué en amont, on peut être facilement tenté de relâcher ses efforts. Après tout on se dit que « ça va mieux ». Pourtant, la stabilisation est une phase essentielle pour que les bénéfices soient durables et que les déséquilibres et les mauvaises habitudes ne réapparaissent pas.
La cure de stabilisation invite à la connaissance de soi et à l’écoute sensible de son corps, à la conscience dans les choix que l’on fait pour soi au quotidien, à une forme de flexibilité vis à vis de soi-même, et idéalement à une nouvelle forme de maturité et de responsabilité dans la relation que l’on entretient avec sa santé et son bien-être.
À travers cette phase, l’objectif n’est donc plus réellement de recevoir un accompagnement, ni même d’être en cure, mais de pouvoir incarner pleinement son hygiène de vie. Je vous rassure, cette phase n’a pas pour objectif d’aller vous faire vivre au fin fond de la forêt, ou en haut d’une montagne en osmose avec la nature. Son intérêt réside dans le fait que vos nouvelles habitudes en matière d’hygiène de vie puissent tout à fait se marier au cadre de vie qui est le votre et à votre situation personnelle ou professionnelle, et ce sur la durée.
Un dernier mot sur les cures.
Maintenant que vous comprenez ce que représentent les cures et l’objectif auquel elles répondent, il est important de souligner que vous n’en entendrez peut-être jamais parler de manière explicite lorsque vous consulterez un naturopathe. Et c’est normal !
Ces cures sont avant tout des repères méthodologiques, utilisées principalement par le praticien pour structurer son approche, affiner ses conseils et adapter le chemin d’accompagnement. Il se peut donc que leur nom ne soit jamais mentionné directement pendant la consultation, tout simplement parce que cela ne serait pas nécessaire pour tout le monde.
Libre à vous bien sûr d’en parler, si vous souhaitez mieux vous situer ou comprendre la logique de l’accompagnement. Mais dans les faits, c’est surtout le ressenti, l’écoute du corps, et l’évolution au fil du chemin qui comptent, plus que le nom de la cure en elle-même.
L’essentiel est de comprendre le mouvement global : où vous en êtes aujourd’hui, de quoi votre corps et votre esprit ont besoin à ce moment précis, et comment avancer concrètement vers plus de vitalité et d’équilibre.
Ce que la naturopathie n’est pas…
Si vous avez lu l’article jusqu’ici, vous avez à présent, normalement, une bonne compréhension de ce qu’est la naturopathie, de son cadre et de ses champs d’action.
Toutefois, il me semble aussi nécessaire de clarifier certaines idées reçues, que vous avez peut-être entendu ici et là, ou que vous pourriez entendre à l’avenir.
Car oui, disons-le, la naturopathie a parfois la vie dure, la faute à certaines mauvaises langues qui veulent lui faire défaut, à un manque de connaissances sur ce qu’elle représente vraiment (vous en savez à présent bien plus que probablement 90% de la population), ou parfois même à certaines personnes se disant « naturopathe » mais n’ayant pas plus de légitimité que le la formation de 2 semaines qu’ils auraient suivi sur le sujet. Alors même si la naturopathie et les approches naturelles en matière de santé et bien-être ont gagné en visibilité ces dernières années, de nombreuses confusions ou caricatures persistent.
Les lignes qui vont suivre ont donc pour but de vous éclairer sur les grandes idées principales et de lever le voile sur ce qui est vrai, ce qui est faux, et ce sur quoi vous devriez être vigilants.
Ce n’est pas une discipline magique, ni une liste de remèdes miracles.
Sur la base de ce que vous avez lu plus haut, vous avez normalement compris que l’approche naturopathique nécessite un minimum de temps pour améliorer la condition d’une personne, mais aussi que cette personne soit responsabilisée vis à vis de son état de bien-être (ou mal-être). Si aucun effort n’est fait, alors rien ne se passera. C’est essentiel et c’est important de le savoir car la naturopathie ne propose pas de pilule miracle à base de plantes, ni de raccourci magique pour retrouver la santé. Elle repose sur des processus physiologiques, des choix de vie concrets, et surtout une implication de la personne dans sa propre transformation.
La naturopathie demande donc de la patience, de la régularité, et surtout une forme d’engagement personnel. Le naturopathe ne va jamais pouvoir agir « à votre place », mais il vous guide et vous accompagne pour créer les bonnes conditions d’un retour à l’équilibre. Sans implication réelle de votre part, les résultats resteront limités. Mais il faut voir cela comme une bonne chose car c’est aussi ce qui fait la force, l’intérêt et la profondeur de cette approche.
Ce n’est pas de la voyance, du magnétisme ou de l’ésotérisme.
Disons-le clairement : la naturopathie n’est pas une pratique énergétique, et encore moins un acte mystique. Elle repose sur une base rationnelle, physiologique et éducative, même si certains praticiens choisissent d’y intégrer d’autres outils plus « subtils ».
En effet, certains naturopathes ajoutent à leur boîte à outils des approches inspirées de l’énergétique, des soins vibratoires, ou encore des pratiques issues de diverses traditions. Cela peut avoir du sens pour certains, mais ça n’a absolument rien d’obligatoire, ni de systématique.
Dans le cadre du Figuier & l’Olivier, nous pratiquons une naturopathie ancrée dans le bon sens et une éthique respectueuse de la foi musulmane. Nous n’utilisons aucune technique contraire à nos valeurs spirituelles, et nous vous encourageons, de manière générale à consulter des praticiens en accord avec les vôtres. Car oui, le lien de confiance est essentiel et il maximisera les actions que vous mettrez en place et donc les résultats positifs que vous obtiendrez.
Tout le monde peut se dire naturopathe : ce n’est pas une pratique réglementée en France.
C’est un vrai sujet. En effet, à l’heure où j’écris ces lignes, n’importe qui peut « légalement » se proclamer naturopathe, même après avoir effectué un simple stage de quelques week-ends ou une formation en ligne d’une semaine.
C’est pourquoi, autant que possible, il est essentiel de vérifier le sérieux du praticien que vous consultez, et de comprendre le parcours et l’expérience qui l’ont mené jusqu’à vous.
Un cursus complet en naturopathie dure généralement plusieurs années, avec un socle exigeant en anatomie, nutrition, physiologie, hygiène vitale, posture d’accompagnement, phytothérapie, et bien d’autres disciplines encore. La plupart des écoles sérieuses proposent des formations étalées sur 3 à 4 ans, souvent encadrées par des professionnels de santé et des praticiens expérimentés.
À titre personnel, j’ai moi-même suivi un cursus de 4 ans dans une école sérieuse qui correspondait à ma vision de l’accompagnement, après avoir déjà expérimenté une première grande école pendant 2 ans. Et comme beaucoup de praticiens engagés, je continue de me former en parallèle dans d’autres domaines (nutrition et diététique, coaching, spiritualité/sciences religieuses, etc.) afin d’enrichir toujours plus mon approche.
Ce n’est pas une médecine parallèle.
Le naturopathe ne remplace pas un médecin, et la naturopathie ne s’oppose pas à la médecine conventionnelle (que l’on appellera aussi “allopathique”). Elle n’a aucune vocation et aucun droit à poser un diagnostic, à interrompre un traitement, ni même à gérer une urgence médicale.
En revanche, elle peut venir complémenter utilement la médecine et le travail d’autres professionnels de santé, en travaillant sur la prévention, l’hygiène de vie et la compréhension des causes profondes de certains déséquilibres.
La naturopathie s’installe dans un cadre que l’on appelle la médecine intégrative, à savoir une approche qui combine les apports de la médecine conventionnelle et ceux des approches de santé naturelles et holistiques, toujours dans l’intérêt de la personne, et avec le bon sens de la collaboration entre chaque corps de métiers.
Si vous souhaitez en savoir plus sur notre positionnement éthique et professionnel, je vous invite à lire la charte du Figuier et L’Olivier, si vous ne l’avez pas encore fait.
Le naturopathe n’est pas non plus psychologue.
Un bon naturopathe saura souvent vous écouter, vous aider à relier vos ressentis physiques à vos émotions, ou vous proposer des techniques naturelles pour mieux gérer votre stress ou retrouver de la sérénité dans votre quotidien.
Mais il n’est en aucun cas psychologue clinicien, sauf bien sûr s’il possède un diplôme reconnu dans ce domaine. Il est donc important de comprendre qu’il ne remplace donc pas un suivi psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.
Aussi, votre naturopathe saura identifier les limites de son champ d’action, et vous orienter, si besoin, vers d’autres professionnels qualifiés : psychologue, psychiatre, médecin, ostéopathe… Ces approches peuvent parfaitement coexister et même se renforcer mutuellement dans un accompagnement global de la personne.
Si votre naturopathe vous proposer effectivement de consulter d’autres professionnels, voyez donc cela comme une marque de sérieux, d’éthique et de responsabilité de sa part, plutôt que de penser qu’il manque de compétences ou qu’il ne serait pas capable de régler tous vos problèmes. Ce n’est pas son rôle !
Ce n’est pas une pratique illégale.
Même si la naturopathie n’est pas (encore) réglementée en France, elle est tout à fait légale, dès lors que le praticien respecte son cadre d’exercice : pas de diagnostic, pas de prescription médicale, pas d’interférence avec un traitement en cours.
Le naturopathe accompagne la personne vers plus d’équilibre, de vitalité et d’autonomie, en l’aidant à comprendre comment fonctionne son corps et ce qui peut l’aider à aller mieux naturellement.
D’ailleurs, pour vous rassurer, sachez que l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) reconnaît la naturopathie comme étant la troisième médecine traditionnelle mondiale, après la médecine ayurvédique (Inde) et la médecine traditionnelle chinoise. Aussi, la naturopathie est pleinement reconnue et encadrée dans plusieurs pays comme par exemple en Allemagne, en Suisse, au Portugal, au Canada, aux Etats-Unis ou encore en Belgique.
Alors non, la naturopathie n’est ni obscure, ni douteuse, ni marginale. Elle gagne sa place, petit à petit, comme étant une approche cohérente, sérieuse et accessible, au service d’un meilleur bien-être global.
Une alliance naturelle entre l’approche naturopathique et celle de la médecine prophétique.
Cultiver la santé et le bien-être du corps, de l’esprit et du coeur fait partie intégrante de la foi.
Le but n’est bien sûr pas de tomber dans le culte du bien-être, mais simplement d’être en mesure d’agir, de transmettre, de prier, et de vivre avec énergie et conscience.
Au figuier, nous parlons plus d’approche naturopathique que de naturopathie en tant que telle, puisqu’une grande partie de notre accompagnement est également centré sur l’approche islamique en matière de bien-être, ou plus communément appelé la médecine prophétique.
Les 2 approches étant tout à fait complémentaire, et il existe des ponts très intéressants entre les deux.
« Certes, Allah ne modifie pas l’état d’un peuple tant que les individus qui le composent ne changent pas ce qui est en eux-mêmes. »
(Coran, Sourate 13, Verset 11.)
Typiquement, ce verset résume très bien la logique de responsabilisation et d’action que l’on a évoqué précédemment dans l’approche naturopathique. Le thérapeute n’est pas un sauveur mais il est là pour accompagner, soutenir et éduquer afin de permettre à ses consultants de pouvoir marcher par eux-mêmes et ce de manière durable. En connaissant mieux son corps et la cause de ses maux, en faisant les actions nécessaires, en changeant ses habitudes là où il faut, et en plaçant toute sa confiance en Allah dans le but d’obtenir un mieux-être au quotidien, toutes les conditions et les éléments nécessaires sont réunis pour que vous puissiez aller de l’avant et vous sentir mieux, à tous les niveaux !
Si vous souhaitez en savoir plus sur la médecine prophétique et l’approche islamique en matière de santé et bien-être, je vous invite à vous rendre directement sur l’article suivant : Qu’est-ce que la Médecine prophétique ? Comprendre ce que le Coran et la Sunnah nous enseignent en matière d’hygiène de vie.
Comment se déroule une séance/consultation de naturopathie ?
Il n’y a pas réellement un modèle type que le naturopathe va suivre lorsque vous irez en consultation. En effet, chaque naturopathe va avoir sa manière de fonctionner, et tout dépend bien sûr de si vous consultez pour la 1ère fois, ou s’il agit par exemple d’une séance de suivi. En ce qui concerne la première consultation, voici toutefois un déroulé fréquent et assez standard que vous pourriez rencontrer.
1. L’anamnèse.
C’est le cœur de la séance. Le naturopathe vous invite à raconter ce que vous vivez, ce que vous ressentez, et ce qui vous dérange au quotidien.
On explore ensemble vos inconforts, vos antécédents, votre mode de vie, votre environnement, mais aussi votre état émotionnel, vos rythmes, votre alimentation, votre sommeil, votre activité physique, vos aspirations…
Rien n’est laissé au hasard, et chaque détail compte. C’est ce regard d’ensemble qui nous permet d’identifier les déséquilibres, les causes profondes, et de poser les premières hypothèses sur ce qui, en vous, demande à être rééquilibré. Tout cela, dans un cadre qui est bien sûr totalement bienveillant, sans jugement, et dans le respect total de votre vie privé.
C’est aussi là toute la valeur d’un accompagnement naturopathique. Avoir souvent 1h à 1h30, pour que la personne puisse vraiment s’exprimer en profondeur. Ce qui représente un vrai contraste avec certains autres types de consultations où, faute de temps, il est parfois difficile de pouvoir tout dire. Il ne s’agit pas ici d’opposer les approches, mais simplement de rappeler que la naturopathie propose un cadre complémentaire, qui redonne sa juste place à l’écoute et à la parole.
2. Expliquer et éduquer en matière de bien-être.
La séance ne doit pas simplement être un moment de bilan mais c’est aussi un temps d’échange et de transmission. Et c’est très important.
Le naturopathe vous explique comment fonctionne votre corps, ce qui peut être à l’origine de vos déséquilibres, et pourquoi certains conseils vous seront donnés ou pourquoi vous devrez mettre en place certaines actions. C’est un véritable travail pédagogique, pour que vous puissiez repartir avec des clés de compréhension claires et concrètes.
Le but n’est pas de vous faire un cours d’anatomie, ni de vous noyer dans des explications complexes. Il s’agit plutôt de vous transmettre, de manière simple et accessible, des clés de compréhension sur vous-même, votre fonctionnement, votre corps. L’idée est que vous puissiez repartir avec plus de clarté, plus d’autonomie, et une vision plus juste de ce qui se passe en vous.
Car comprendre est le premier moteur du changement. Ainsi, normalement, vous ne repartez pas avec une simple liste de recommandations, mais avec du sens, de la clarté, et une envie d’agir qui sera tout de suite plus vraie et plus naturelle.
3. Le plan d’action personnalisé.
Enfin, ce 3ème temps est celui de la concrétisation.
À partir de ce qui a été exprimé et compris ensemble au préalable, l’idée est de vous proposer un plan d’action personnalisé, réaliste, adapté à votre niveau d’énergie, votre rythme de vie et vos priorités du moment.
Il n’y a donc pas de protocole rigide ni de « recette miracle »: on collabore ensemble pour définir les premiers pas les plus pertinents à mettre en place, avec souplesse et avec bon sens.
Cela peut être aussi simple que :
- Réorganiser le moment et le contenu du dîner du soir pour favoriser votre sommeil.
- Intégrer un moment de respiration dans la journée, et s’assurer de correctement s’hydrater.
- Intégrer une routine d’activité physique douce dans votre quotidien.
- Tester de supprimer un type d’aliments, temporairement, qui vous ferait défaut.
Chaque petite victoire compte. Et ce sont justement ces ajustements progressifs, vécus dans la durée et en conscience, qui permettent un changement en profondeur. On avance pas à pas. C’est aussi le moment où on pourra inclure des compléments alimentaires, en fonction des cas, pour vous aider temporairement en fonction des inconforts identifiés.
Attention toutefois, les compléments sont loin d’être obligatoires, ni même indispensables. Certains naturopathes les incluent dans leurs recommandations, d’autres travaillent sans. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises pratiques à ce niveau-là. Pour autant, même quand ils sont utilisés, les compléments doivent être recommandés en petite quantité, en privilégiant ceux qui vous seront le plus bénéfique dans votre situation.
En d’autres termes, si vous sortez de votre consultation avec une liste de courses de 2 pages, et la nécessité d’acheter des compléments pour un budget qui sera même plus élevé que ce que vous aura coûté votre séance, c’est mauvais signe, et ce n’est pas conforme à un bon accompagnement. Soyez donc vigilants par rapport à ça.
Quoi qu’il en soit, comme je vous le disais, chaque séance sera différente et chaque naturopathe aura le loisir d’adapter sa séance en fonction de lui, et surtout de vous.
Chez Le Figuier & l’Olivier, nous travaillons aussi par exemple sur les motivations profondes, la mission de vie, l’environnement, le sens que vous allez avoir derrière les actions que vous allez mettre en place et un état des lieux spirituel qui constituera un fondement essentiel. Car n’oubliez pas que retrouver l’équilibre, c’est revenir à soi, dans sa globalité, mais aussi revenir pleinement à Dieu.
Conclusion : une approche au service de la vie
Alors, en conclusion, devez-vous consulter un naturopathe et vous faire accompagner ?
Et bien vous ne trouverez pas la réponse à cette question ici, mais plutôt à l’intérieur de vous-même. Maintenant que vous en savez plus sur ce qu’est la naturopathie, et ce en quoi consiste un accompagnement, c’est à vous de vous de prendre votre décision et de faire ce premier pas vers un retour à l’équilibre et à une vitalité pleine et durable.
Évidemment, je ne peux que vous encourager à consulter un ou une naturopathe si l’élan est là, et si tel est votre choix, je vous souhaite de tout cœur de croiser le chemin d’un accompagnant qui saura vous écouter, vous respecter et vous guider avec bienveillance. Mais dans l’ensemble, rappelez vous simplement que la naturopathie n’est ni une baguette magique, ni un effet de mode, ni une pratique douteuse.
C’est une vision vivante et cohérente de l’être humain, au croisement du bon sens, de la nature, et de la responsabilité personnelle que l’on a vis à vis de notre santé.
Elle ne prétend pas tout faire, ni tout remplacer. Elle aide, elle complète, elle éclaire, et elle accompagne.
Et lorsqu’elle est pratiquée avec éthique, discernement, humilité et alignement avec votre foi, elle devient un véritable outil de transformation intérieure et extérieure.
Enfin, pour celles et ceux qui souhaiteraient aller plus loin, je vous invite à visiter la page Consultations du Figuier & L’Olivier, ou à nous contacter directement via le formulaire contact.


