Qu’est-ce que la Médecine prophétique ? Comprendre ce que le Coran et la Sunnah nous enseignent en matière d’hygiène de vie.
Ecrit par Meziane
Temps de lecture : 36 minutes

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Aussi, sache que les informations de cet article ne remplacent en aucun cas un avis médical. Pour plus d’infos, nous t’invitons à lire notre Charte de déontologie ici 📜 , et à aller consulter ton médecin traitant en cas de besoin !

« Ton corps a un droit sur toi. »

(Hadith rapporté par Boukhari et Muslim.)

« Et ne jetez pas vos propres mains dans la destruction… »

(Sourate Al-Baqara, verset 195.)

« Certes, Allah ne modifie point l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. »

(Sourate Ar-Ra’d, verset 11.)

Par la connaissance de ces rappels prophétiques et de ces versets du Coran, nous devons nous poser une question essentielle : comment prenons-nous soin du corps, de l’esprit, et du coeur qu’Allah nous a confié, par Sa grande miséricorde et Sa sagesse, et avons-nous réellement conscience de la responsabilité que l’on a vis à vis d’eux ?

Trop souvent, nous avons tendance à dissocier l’hygiène de vie et la spiritualité, comme si prendre soin de soit et oeuvrer pour son bien-être était un luxe, ou un caprice personnel, auquel nous pouvons librement décider d’accorder de l’importance ou non, et sans aucune conséquence.

Mais ne vous y trompez pas : préserver sa santé est un acte d’adoration qui doit faire l’objet des pensées, des intentions, des décisions et des actions du musulman au quotidien !

En Islam, être en bonne santé ne se réduit pas seulement à l’absence d’une quelconque maladie, au sens commun du terme. Être en bonne santé, c’est parvenir à trouver un équilibre subtil entre le corps, l’âme et l’esprit, et surtout à le maintenir ! C’est ainsi qu’une harmonie intérieure s’installe en chacun de nous, cette même harmonie qui nous permet d’être plus disponible pour Allah, d’être plus utile au monde qui nous entoure, et plus aligné avec notre mission de vie.

En d’autres termes, nous pouvons tomber “malade” sans pour autant souffrir d’une maladie physique ou physiologique apparente.

Et quand on y pense, cette réalité est d’autant plus vraie à notre époque. Nous vivons dans une société qui cherche à constamment vouloir nous détacher de notre spiritualité, de notre connexion au Divin, et de notre paix intérieure. Et elle le fait si bien que nous en avons souvent très peu conscience. Petit à petit, on tombe dans le piège et on devient sujet à une culture du profit, de la productivité permanente et du matérialisme excessif qui s’installent en nous et malgré nous. Cette culture s’accompagne d’individualisme, de malbouffe, d’un mode de vie du “quoi qu’il en coûte”… on en vient à vouloir tout et tout de suite, sans vraiment savoir ni comprendre pourquoi.

Mais au fil des mois et des années, notre coeur se noircit, nos priorités sont biaisées, nos actions et nos pensées ne nous sont plus bénéfiques, et notre regard sur la vie se trouble. C’est alors qu’un épuisement généralisé commence à s’installer, et vous l’avez sans doute déjà ressenti dans votre propre vie si vous lisez cet article. Cet épuisement vient altérer notre corps et polluer notre esprit, pourtant si précieux et nécessaires à l’idée d’oeuvrer pour Allah, et contribuer au bien-être des autres ici-bas.

Pas évident n’est-ce pas ? Et pourtant … en tant que musulman, nous avons toutes et tous en nous des moyens précieux d’inverser la tendance, de reprendre le contrôle et de retrouver notre équilibre !

Notre bien aimé Prophète Muhammad (slws) nous a dit :

« Allah n’a fait descendre aucune maladie sans qu’Il n’ait fait descendre son remède »

(Hadith autenthique rapporté par Boukhari et Muslim.)

Peut-être est-il temps, enfin, de revenir à l’essentiel… mais alors comment faire et par où commencer ?

La “médecine prophétique” représente un ensemble de conseils, d’enseignements, et de sagesses, tirés du Coran et de la Sunnah, qui touchent à la santé et au bien-être du musulman dans sa globalité.

Il ne s’agit pas d’un système de santé figé, ni-même, comme nous le verrons, d’une alternative absolue à la médecine moderne. C’est plutôt une voie d’équilibre, et une lumière intemporelle sur notre manière de vivre, de nous nourrir, de nous soigner, et plus que jamais, de nous purifier.

Mais alors comment la “médecine prophétique” s’articule ? Qu’est ce qu’elle nous enseigne sur la prévention, l’alimentation, l’hygiène de vie, les émotions, et notre bien-être en général ?

Et surtout, comment intégrer ses principes dans notre quotidien, avec foi, bon sens et humilité ? Et bien c’est tout l’objet de cet article et des lignes qui vont suivre !

Les fondements de la santé en Islam

Plutôt que d’essayer de vous donner une définition académique de ce qu’est l’approche islamique en matière de santé, il est sans doute plus simple d’identifier quels en sont les fondations. Et elle repose entre autres sur 4 fondements :

  • Le fait que ce soit une approche holistique.
  • L’importance accordée à la notion de prévention.
  • L’Unicité et la toute Puissance d’Allah.
  • La conscience éveillée du musulman vis à vis de Dieu et de Sa création.

Une approche holistique.

Dans la vision islamique, comme je le disais en introduction, la santé est une affaire globale.

Il faut bien comprendre qu’à travers cette vision, notre bien-être ne se limite pas “simplement” à bien digérer (bien que ce soit essentiel) ou encore à ne ressentir aucun symptôme ou aucun mal apparents.

La vision islamique d’une bonne santé repose sur l’harmonie du corps, du coeur et de l’esprit. C’est lorsque ces 3 dimensions sont alignées que nous pouvons fonctionner, ressentir et agir de manière optimale, tout en adorant notre Créateur dans les meilleures conditions.

Aussi, nos sources principales, le Coran et la Sunnah, nous offrent des recommandations et un mode de vie concret, mais aussi des sagesses précieuses et profondes sur notre nature humaine.

Que ce soit vis à vis de nos besoins (quels qu’ils soient), de nos vulnérabilités, de nos cycles, de l’importance de nos pensées, des risques associés à nos mauvaises actions et des bienfaits que provoquent nos bonnes actions… nous avons tout pour prendre conscience et comprendre que notre santé physique est intimement liée à notre état spirituel, et que l’inverse est parfaitement vrai aussi !

C’est ce que signifie le terme “holistique”, et c’est ce qu’incarne parfaitement la médecine prophétique.

La prévention avant la guérison.

Mieux vaut prévenir que guérir”. Nous avons toutes et tous déjà entendu cette citation n’est-ce pas ?

Bien qu’elle soit très simple en apparence, je la trouve personnellement pleine de sagesse, de vérité, et parfaitement alignée avec ce que nous enseigne notre religion.

Dans 2 hadiths authentiques, notre prophète ﷺ nous dit :

« Si vous entendez parler de la peste dans une région, ne vous y rendez pas. Et si elle éclate là où vous êtes, ne sortez pas pour fuir »

(Hadith rapporté par Boukhari et Muslim.)

Ici, Muhammad ﷺ nous enseigne que l’Islam encourage à la prévention des maladies avant que celles-ci n’apparaissent, et que nous devons donc choisir de nous en préserver autant que possible, mais aussi d’en préserver les autres.

« La propreté est la moitié de la foi »

(Hadith rapporté par Muslim.)

Entendez par-là une propreté à la fois physique/hygiénique (interne et externe), mais aussi une propreté de l’esprit qui motivera une pureté spirituelle, et qui sont là pour éviter qu’une quelconque maladie puisse s’installer.

On comprend donc que la logique de prévention fait pleinement partie des sagesses prophétiques. La médecine prophétique nous apprend et nous pousse à vouloir éviter ce qui nous nuit (mais aussi ce qui nuit aux autres), à préserver notre capital santé, ou encore à écouter les signes que nous donne notre corps, avant que ces mêmes signes ne se transforment en cris(es).

Avant même de devoir se focaliser sur des traitements devenus nécessaires lorsque la maladie est profondément installée, notre religion nous encourage à construire un mode de vie qui soit équilibré ! Et cela passe bien sûr par une prise de conscience et des actions au quotidien, à travers une alimentation saine, une bonne hygiène du corps et de l’esprit, un rythme qui soit adapté et en phase avec notre nature humaine et avec les prédispositions de chacun et chacune, et bien sûr, à travers une spiritualité qui soit vivante, active, et profonde.

On pourrait penser que prévenir est quelque chose de contraignant, puisque ça nous demande un certain effort au quotidien. Mais c’est en réalité une grande miséricorde d’Allah, une responsabilité que nous avons tous vis à vis du dépôt qu’Il nous a confié, et une preuve d’intelligence quant à l’idée de s’éviter autant que possible des contraintes qui seraient alors bien plus pénibles et douloureuses par la suite.

Un seul et unique pilier : Allah ✨

En tant que musulman, nous devons constamment avoir l’intime conviction, et donc la certitude qu’aucune plante, aucun aliment, aucun médicament, aucun médecin ou thérapeute ne peut réellement nous guérir si ce n’est par la volonté d’Allah.

Notre Seigneur nous dit dans le Coran :

« Et quand je suis malade, c’est Lui qui me guérit »

(Sourate Ash-Shu’ara, verset 80.)

Il est donc essentiel de toujours se rappeler que notre bien-être comme nos maux et notre guérison dépendent avant toute chose d’Allah, et que nous ne pouvons maintenir une santé pleine, globale et durable sans une confiance inconditionnelle au Divin, à Sa miséricorde, à Sa sagesse, et à Sa toute puissance.

Bien sûr, comme nous l’avons déjà dit, et comme nous le verrons à nouveau plus loin, cela ne veut pas dire pour autant que nous devons rester totalement passifs. Penser que nous ne devons absolument rien faire pour prendre soin de nous, dans la santé comme dans la maladie, est une grande erreur. Bien au contraire, nous devons chercher les moyens nécessaires à notre guérison quand on est malade. Je ne le dirais jamais assez, mais nous avons une grande responsabilité dans l’intention et l’action, et il est très important de l’honorer. Mais le résultat, quel qu’il soit, appartient et appartiendra toujours à Allah, qui sait ce qui est le mieux pour nous, et quand c’est le mieux pour nous.

Cela nous ramène directement au lien de confiance qu’il existe entre le croyant et Allah, à savoir la notion de Tawakkul. C’est bel et bien dans ce lien de confiance, que notre hygiène de vie prend une toute autre saveur, pour ne pas dire une toute autre dimension.

Car quand nous comprenons et quand nous incarnons réellement ce rapport de “responsabilité associée au Tawakkul”, prendre soin de nous ne devient plus seulement un acte personnel ou individualiste. Ce n’est plus simplement un mode de vie, de contrôle ou bien même de consommation. Ça devient une adoration de chaque instant, par les choix que l’on fait au quotidien, par ce que l’on décide de manger ou non, de boire ou non, par notre façon de respirer, de dormir, de se dépenser, de se reposer, de méditer, de partager, de jeûner… etc. C’est donc une nouvelle manière de se présenter au monde qui nous entoure, d’être en paix avec soi-même et avec les autres, et de ressentir cette forme d’équilibre si précieuse à chacun.

Cela devient possible car la prise de conscience est réelle, et le coeur apaisé par le fait que nous avons une responsabilité certes, mais une responsabilité qui se limite à ce qui est entre nos mains. Allah, Le tout Miséricordieux, Le très Miséricordieux, prend à Sa charge le résultat, que ce soit dans les bienfaits ou les épreuves, et donc dans la santé ou la maladie.

Une conscience éveillée de Dieu et de Sa création.

La conscience justement, parlons-en !

Sommes-nous vraiment conscients qu’Allah est absolument partout autour de nous, et ce à chaque instant ? Sommes-nous réellement éveillés face à la beauté et à la complexité de Sa création et arrivons-nous chaque jour à capter la lumière qu’Il nous envoie ? Ou sommes-nous plutôt aveuglés par notre quotidien, par nos obligations mondaines, par des futilités devenues des habitudes et des priorités qui nous éloignent de notre Créateur et nous empêchent de ressentir cette chaleur et cette lumière intérieures propres à une foi apaisée, sincère, vivante et permanente ?

Car développer une conscience éveillée d’Allah, c’est se rappeler à chaque instant qu’Il est avec nous, partout, tout le temps. C’est vivre avec la certitude que rien de ce que nous pensons, de ce que nous disons ou de ce que nous faisons ne Lui échappe.

Quand l’ange Jibril interrogea le Prophète ﷺ sur al-ihsân (la notion d’Excellence en Islam), il répondit :

« Al Ihsân consiste à adorer ton Seigneur comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, certes Lui te voit.« 

(Hadith rapporté par Muslim.)

Si elle s’enracine vraiment dans notre cœur, cette conscience éveillée peut tout changer !

Elle façonne nos pensées, elle influence nos décisions, et elle vient ainsi transformer notre manière de nous comporter avec nous-mêmes et avec les autres. Car dans la réalité, la relation que nous entretenons avec les créatures et la création dépend nécessairement de celle que nous cultivons avec le Créateur.

Quand on renforce ce lien, cette connexion profonde à Allah, notre esprit devient instantanément plus lucide. Nos pensées se clarifient et se purifient, notre comportement s’améliore et nos actes gagnent en sincérité. Ibn al-Qayyim disait d’ailleurs : « Les actions ne peuvent être saines que lorsque les pensées contemplatives qui les provoquent prennent naissance dans une ardente relation spirituelle à Dieu. »

Imaginez-vous être accompagné d’une personne que vous respectez profondément. Vous allez naturellement vouloir faire bonne impression et donc faire attention à vos gestes, à vos paroles, et à vos actes. Et bien rappelez-vous que votre Seigneur, Celui que vous adorez plus que tout au monde vous accompagne, et qu’Il est là avec vous, tout le temps et partout.

C’est ainsi que nous devons apprendre à vivre sous Son regard. Non pas pour vivre dans la peur, mais plutôt dans un cadre rempli d’amour, de pudeur et de sincérité.

Tout comme prendre soin de son corps requiert d’avoir une bonne hygiène physique, il s’agit alors de mettre en place une bonne hygiène spirituelle, qui est et sera toujours fondamentale à une santé pleine et durable.

Mais lorsque nous avons cette conscience éveillée, nous respectons instinctivement Sa création, et nous obtenons la faculté de faire des choix plus justes, plus pures, et plus éthiques.

Ainsi, cela apporte beaucoup plus de sens aux efforts que nous souhaitons mener pour préserver notre santé. Nous les faisons naturellement, car nous comprenons réellement que chaque petit pas que nous faisons vers le bien est une réponse directe aux cadeaux que nous fait constamment notre Seigneur dans ce monde.

Les principes d’hygiène de vie selon la Sunnah et les outils de la médecine prophétique

Nous avons vu 4 fondements essentiels sur lesquels reposent l’approche de santé islamique, des fondations que nous devons continuellement nous rappeler, et en toute circonstance.

À présent, voyons de manière plus concrète quels sont les champs d’action de la médecine prophétique en matière d’hygiène de vie, et les principales techniques qui ont pour vocation de travailler en profondeur à l’amélioration de notre bien-être au quotidien.

La Prière.

Comment ne pas commencer par l’un des plus beaux cadeaux que Dieu a offert à l’humanité, si ce n’est le plus beau ? La prière, As-Salat, est bien plus qu’un simple acte rituel dans la journée du croyant. C’est un rendez-vous intime, une station d’équilibre, une ancre pour le cœur et une lumière pour l’âme.

« Et accomplis la prière, car la prière éloigne de la turpitude et du blâmable. Le rappel d’Allah est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites.« 

(Sourate Al-‘Ankabût, verset 45.)

Le Prophète ﷺ nous a également dit :

« La prière est lumière.« 

(Hadith rapporté par Muslim.)

Sur le plan spirituel, la prière est un acte d’amour, de soumission volontaire, de reconnaissance et de dialogue avec notre Créateur. Mais ce que beaucoup ignorent encore, c’est à quel point elle agit également comme un outil thérapeutique extrêmement puissant, sur les plans physique, mental et émotionnel.

Les études scientifiques modernes ont mis en lumière les multiples effets bénéfiques de la prière (et en particulier des mouvements de la prière musulmane) sur le corps humain. Réduction du stress, amélioration de la circulation sanguine, apaisement du système nerveux, meilleur sommeil, diminution de l’anxiété, clarté mentale, ancrage émotionnel etc. Chaque position, du qiyâm (debout) au sujûd (prosternation), stimule des zones précises du corps, étire les muscles en douceur, apaise le rythme cardiaque, favorise une respiration plus profonde, et induit un état de calme intérieur. La prosternation, en particulier, est aujourd’hui reconnue pour son effet apaisant sur le système nerveux autonome, et même sur certaines douleurs.

La prière incarne donc à elle seule une synthèse parfaite de ce qu’est une hygiène de vie holistique : elle nourrit le corps, l’âme et l’esprit. Elle nous équilibre, elle réajuste et nous réoriente. Elle est à la fois prévention, guérison, source d’énergie, de clarté, de stabilité émotionnelle, de purification intérieure, de recentrage spirituel et de cohésion sociale. Elle structure notre journée, renforce notre lien à Dieu, et à travers les prières collectives, elle tisse également du lien avec nos frères et nos sœurs en Islam.

Ce n’est donc clairement pas un hasard si elle est un pilier fondamental de l’Islam. Loin d’être une contrainte, elle est plutôt une nécessité, un bienfait immense, un traitement indispensable, une urgence quotidienne, et une priorité absolue.

Quel que soit notre état (bonne ou mauvaise santé, moral élevé ou à plat..), il est donc toujours pertinent, et même essentiel, de toujours revenir à une seule question très simple : Comment va ma prière ?

La réponse, elle, est parfois plus difficile à exprimer, car très souvent, ce qui ne va pas ailleurs commence d’abord par se se refléter au niveau de notre prière.

Il est donc toujours bénéfique d’honorer ses Salat dans les délais impartis, de veiller autant que possible à les accomplir dans un environnement propre, calme, propice à la concentration, à l’introspection, et à la présence du cœur. Et lorsque c’est possible, de privilégier la prière en commun, notamment pour les hommes. Mais au-delà de la simple “performance”, il est essentiel de s’offrir le temps de prier. Une prière lente, consciente, connectée, qui soit autant que possible détachée du stress, de la précipitation, ou d’un mental agité qui nous pousse toujours nous projeter dans l’avant ou l’après.

Dîtes-vous que lorsque vous priez, ce moment ne vous appartient pas vraiment. Il appartient avant tout à Dieu. Et rien d’autre au monde, à cet instant précis, n’a plus d’importance que ce lien que vous êtes en train de tisser avec Lui, et que cette gratitude que vous lui rendez. Vous êtes en train de faire exactement ce pour quoi vous avez été créé : adorer votre Seigneur, comme et quand Il vous l’a demandé.

Et si la prière obligatoire est un socle, les prières surérogatoires sont quant à elles des trésors souvent négligés. Elles sont pourtant l’un des secrets les mieux gardés du bien-être spirituel. Tahajjud, Salât al-Istikhârah, Salat al-Hâjah, toutes vos Duaâs, avant, pendant ou après les prières obligatoires, et bien d’autres, sont autant de perles précieuses, qui apportent lumière, soulagement, ouverture, sérénité, clarté d’esprit, guérison, assurance, succès et guidance

Leur effet est subtil mais profond. Elles agissent dans l’invisible et la durée, selon la volonté d’Allah, et elles élèvent, doucement mais sûrement, celui ou celle qui les maintient avec sincérité et constance.

L’alimentation prophétique.

Nous n’allons pas détailler ici les vertus de chaque aliment ou catégorie d’aliment car ce n’est pas l’objectif de cet article. Vous pourrez par ailleurs retrouver un grand nombre d’informations sur le blog avec d’autres articles dédiés aux aliments en tant que tels, et également mes recommandations sur les meilleurs ouvrages en la matière.

En revanche, il est important que vous reteniez ici l’approche et la vision de l’alimentation en Islam.

Le Prophète ﷺ nous a transmis une approche qui est simple, lucide et profondément sage vis à vis de l’alimentation.

En effet, bien que certains “aliments” soient effectivement proscris pour des raisons pleines de bon sens, notre religion ne nous incite pas nécessairement à suivre un régime strict ou même de bannir telle ou telle catégorie d’aliment. L’Islam nous pousse à retrouver de la modération et de l’intention dans notre façon de nous nourrir, et à respecter le corps qu’Allah nous a confié pour oeuvrer en Son nom ici-bas.

Muhammad ﷺ disait :

« Le fils d’Adam ne remplit pas un récipient plus mauvais que son ventre. Il suffit au fils d’Adam de quelques bouchées pour se maintenir. Mais s’il insiste, alors qu’il réserve un tiers pour sa nourriture, un tiers pour sa boisson et un tiers pour sa respiration.« 

(Hadith rapporté par Tirmidhi.)

Ce qui est incroyable, c’est que cette parole est d’autant plus vraie et juste à notre époque, dans un monde saturé d’excès, de mal-bouffe et de sur-consommation.

Dans ce hadith, il est important de comprendre que notre ventre n’est pas “mauvais” en soit. En réalité, il nous est même précieux de par les organes qu’il contient, et de par un écosystème incroyable de complexité et d’ingéniosité que l’on appelle le microbiote, et dont les scientifiques n’ont réellement mis en évidence l’importance sur l’ensemble du corps et la santé il n’y a que très peu de temps à l’échelle de la science.

Mais même si notre ventre est censé nous servir par ses fonctions d’alimentation, d’assimilation, de digestion, d’élimination, de protection… il peut aussi grandement nous desservir lorsqu’on l’utilise de la mauvaise façon, qu’on le sur-sollicite, et qu’il finit par n’être pour nous rien de plus qu’un récipient dans lequel on verse des aliments néfastes, toxiques, ou en trop grande quantité. Notre ventre devient alors la source de tout un tas de déséquilibre dans notre corps, et notre flore intestinale, censée nous protéger, devient à l’inverse la cause potentielle de nos maux et de nos maladies.

En Islam, l’alimentation est avant tout une affaire de qualité, plutôt que de quantité. Il ne s’agit pas de remplir son ventre comme on remplirait un récipient à ras bord, pour combler ses émotions ou ses envies. Mais il s’agit plutôt de nourrir notre corps avec des aliments sains et en quantité suffisante, simplement pour lui apporter l’énergie dont il a besoin pour être un véhicule solide, fonctionnel, performant, et qui portera et soutiendra pleinement nos actions, nos pensées et nos adorations.

Concernant les aliments en tant que tels, on retrouve mentionnés dans de nombreux hadiths et de manière générale dans la Sunnah, des aliments choisis à la fois pour leur goût et aussi pour leurs bienfaits. Par exemple, pour les plus célèbres, on pourra citer le miel (qui est aussi mentionné dans le Coran), les dattes, l’huile d’olive, la nigelle… et bien d’autres encore.

Mais plus que les aliments en eux-mêmes, c’est réellement le rapport à ces aliments et à l’alimentation en général qu’il est important de souligner lorsqu’on évoque la médecine prophétique. Car celle-ci établit un lien très fort et très puissant entre le fait de devoir répondre à un besoin physique vital (manger), l’importance d’entretenir sa santé et de ne pas nuire à soi-même, et l’acte d’adoration qui accompagne le fait de se nourrir.

Aussi, à défaut d’être un réflexe simple et banal, manger devrait être un acte que l’on fait en pleine conscience, et en pleine reconnaissance de ce que notre Seigneur nous a gracieusement permis d’avoir dans notre assiette ou dans notre main.

Notre bien-aimé prophète Muhammad ﷺ avait pour habitude de manger assis, avec les doigts, en prononçant toujours le nom d’Allah, et en évitant de manger à satiété. Il y avait aussi un lien très important entre l’alimentation et le partage.

Quand on y pense, tous ces actes renforcent cette idée de manger en conscience. Lorsqu’on mange avec ses doigts, le simple fait de toucher les aliments envoie plus d’information à notre cerveau sur l’aliment que l’on s’apprête à mettre dans notre bouche, que lorsqu’on le pique avec une fourchette.

Prenons l’exemple tout simple des bébés. Lorsqu’on commence la diversification alimentaire, on les laisse naturellement découvrir les aliments avec leurs mains. Ils les touchent, les sentent, les observent, les portent à leur bouche… C’est instinctif. Et ce processus active déjà, chez eux, la salivation, la digestion, l’exploration sensorielle. Ce sont des gestes tout simples, mais profondément intelligents sur le plan biologique.

Et pourtant, plus on grandit, plus on s’éloigne de cette connexion naturelle aux aliments. On mange vite, machinalement, parfois sans même véritablement observer ce qu’on met dans notre assiette.

Alors bien sûr, l’idée n’est pas de revenir à un état infantile, mais simplement de comprendre qu’il y a énormément de sagesse dans ces premiers gestes, et que les enseignements du Prophète ﷺ, comme celui de manger avec les doigts, sont toujours pleins de bon sens. Ils nous ramènent à une alimentation plus vivante, plus sensorielle et plus humaine.

Aussi, se rappeler que la nourriture qui s’offre à nous n’est là que par la grâce d’Allah change notre rapport à l’alimentation et nous permet d’y attribuer une valeur bien plus importante. Manger avec un profond sentiment de gratitude génère par ailleurs un effet bien plus positif sur notre processus de digestion et à fortiori sur notre corps. Mais nous aborderons à nouveau la notion de gratitude plus loin.

Le jeûne, une école pour le corps et l’âme !

Le jeûne, définit simplement, consiste à réduire ou stopper partiellement ou totalement ses apports en nourriture et en boisson, pendant une période donnée, afin de mettre le corps, et notamment le système digestif au repos. Il existe différent types de jeûnes, et c’est une pratique qui n’est pas fondamentalement propre à l’Islam. On la retrouve dans la plupart des religions et des cultures, tant ses bienfaits sont nombreux sur le corps, à condition qu’elle soit utilisée de la bonne façon, et adaptée à l’état, à l’énergie et à la capacité de chacun.

Toutefois, en Islam, le jeûne représente bien plus qu’une simple abstention portée sur les apports alimentaires, ce qu’on a malheureusement tendance à oublier trop facilement. Il est en réalité une discipline qui vient structurer, purifier, rééduquer et équilibrer le corps mais aussi l’esprit et l’âme du croyant.

Quand on associe le jeûne et l’Islam, on pense bien évidemment avant tout au mois de Ramadan. Ce mois béni qui nous permet de revenir à l’essentiel, de rééduquer le musulman sur tous les plans, de lutter contre nos pulsions, de stabiliser nos émotions et de retrouver une pleine présence à soi, et surtout à Allah.

Mais le jeûne ne se limite pas à Ramadan. Le Prophète ﷺ jeûnait régulièrement, même en dehors de ce mois béni (les lundis et les jeudis, les jours blancs…). Il nous a montré que le jeûne pouvait être une routine de bien-être et de spiritualité tout au long de l’année et de notre vie. Ces jeûnes surrérogatoires sont autant d’occasions de s’offrir un repos émotionnel et digestif, un recul mental, et un recentrage spirituel. Et c’est d’autant plus vrai et nécessaire dans notre mode de vie actuelle.

Sur le plan structurel, le jeûne en Islam correspond plus ou moins à ce que l’on appelle communément le jeûne intermittent. Autrement dit, on applique un jeûne sec (pas de nourriture et pas de boissons) sur une durée qui s’étend du Fajr au Maghreb. Cela le rend accessible à la grande majorité des croyants (sauf contre-indication ou contrainte majeure) et permet un repos et un regain d’énergie qui soit relativement doux, et que l’on peut répéter régulièrement sans que la contrainte soit trop importante. On retrouve là encore, plein de bon sens et d’intelligence dans ce que notre religion nous offre.

Lorsqu’on jeûne, on offre une fenêtre à notre corps pour pouvoir faire son travail de digestion, d’assimilation, de nettoyage et d’auto-guérison. On arrête de le sur-solliciter par des apports en tout genre et en excès, afin qu’il puisse prendre le temps de gérer ses fonctions essentielles, sans qu’il ne soit à nouveau perturbé.

Pour vous donner un exemple, imaginez-vous recevoir une quantité énorme de travail qu’il vous est difficile de pouvoir traiter. Vous commencez à effectuer vos tâches, une par une, dans l’idée de pouvoir finir ce que vous avez à faire. Alors que vous avez à peine effectué 20% de ce que vous avez à faire, vous recevez une nouvelle charge de travail importante, une autre demande, encore un autre projet, et puis encore un autre… c’est ainsi que vous n’allez jamais pouvoir réellement avancer puisque le flux de travail et de demandes est trop important et surtout incessant. Vous allez donc accumuler, encore et toujours, jusqu’à ce que nous n’arriviez plus du tout à traiter, vous épuiser, faisant apparaître tout un tas de problèmes, de plaintes, de retards, pour vous, votre entreprise, vos clients… bref, vous avez compris l’idée.

Remis dans le contexte du corps humain, c’est entre autres pour cette raison qu’apparaissent certains maux, certaines maladies, et un état de mal-être physique. Par l’intermédiaire du jeûne, l’idée est donc de venir offrir un peu de temps à nos organes et à nos systèmes internes pour travailler comme il se doit, sans pour autant venir rajouter une ou plusieurs charges de travail alors qu’ils n’ont même terminé de traiter les précédentes. Car ne vous y trompez pas, quand vous mettez votre corps au repos, il profite de toute son énergie disponible pour prendre soin de lui, et de donc de vous, chose qui n’est pas possible lorsque l’énergie est constamment dilapidé par des sollicitations incessantes.

Et c’est exactement la même chose pour l’esprit. La sur-consommation, et la sur-sollicitation de l’esprit représentent un problème majeur de notre époque, notre cerveau et notre attention étant les clients précieux de tout un tas de pratiques modernes, à commencer par les réseaux sociaux, les médias, les écrans etc… Si on ne protège pas notre esprit, qu’on le nourrit de la mauvaise façon, et qu’on ne lui accorde pas non plus le repos dont il a besoin, il s’éparpille et il est évident qu’il devient également sujet à un mal-être qui peut nous faire grandement défaut. Jeûner vient donc, là encore, apporter une fenêtre de repos, de rééquilibrage et de bien-être indispensable à notre esprit, à notre cerveau et à nos pensées.

Quant à l’âme, là encore, le fonctionnement est le même. L’être humain étant constamment sujet aux tentations, il peut voir son coeur noircit par ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il touche, ce qu’il goute, ce qu’il ressent… jeûner et se recentrer sur Allah nous permet de rééduquer notre âme, de nettoyer et de purifier notre coeur en le privant de ce qui peut lui être néfaste au quotidien et en lui apportant à l’inverse une forme de purification dont il a constamment besoin. Prenons l’image d’un verre d’eau : si vous ajoutez constamment du café dedans, il va logiquement finir par se noircir. Porté à l’extrême, le verre finira par ne contenir plus que du café et être donc totalement noir. En revanche, même si votre verre d’eau a été sujet à recevoir du café, et qu’il s’est assombrit, vous pouvez toujours l’éclaircir et le nettoyer, en y versant à nouveau de l’eau pure, et en en versant suffisamment. Bien que ce ne soit pas le seul, jeûner fait donc partie des meilleurs moyens, en Islam, de pouvoir éclaircir et purifier son coeur tout en rééduquant son âme, chose absolument indispensable dans le contexte dans lequel nous vivons à notre époque, où il est si facile de l’assombrir volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment.

Ainsi, le jeûne, que ce soit pendant le mois Ramadan (dont on comprend aisément son caractère obligatoire), ou tout au long de l’année, est un outil précieux et très puissant pour le bien-être de son corps, son esprit et son âme, et fait naturellement pleinement partie de la Médecine Prophétique et de l’approche islamique en matière de bien-être. Ne vous en privez pas. Allah, par sa grande miséricorde, nous l’impose selon une fréquence annuelle. Tâchez, autant que possible, de l’intégrer également à votre routine hebdomadaire, ou mensuelle, en fonction de votre état de santé et de vos capacités.

L’hygiègne corporelle et environnementale.

La propreté fait partie de la foi. Ce n’est pas seulement une affaire de politesse ou d’image, mais bel et bien une exigence spirituelle.

Le Prophète ﷺ insistait sur les ablutions régulières, les bains rituels, l’entretien des cheveux, la coupe des ongles, le soin des vêtements. Il utilisait le siwak pour purifier sa bouche, Il nettoyait ses vêtements, et Il prenait soin de son espace de vie.

L’hygiène corporelle est donc au cœur de la pratique musulmane, et cela dépasse largement le cadre individuel. Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des autres. Être propre, sentir bon, entretenir une apparence agréable, tout ça participe à créer autour de soi une atmosphère saine, respectueuse et même inspirante pour les autres. C’est une manière simple mais puissante de rayonner positivement, et donc de représenter dignement notre religion et la communauté musulmane dans son ensemble. Être soigné dans son apparence, c’est porter une forme de responsabilité : celle d’incarner les valeurs que l’on défend, avec dignité, respect et cohérence. Et c’est aussi, mine de rien, une façon d’envoyer un message clair et constant à son propre cerveau. Prendre soin de soi sur le plan extérieur (souvent plus accessible que le plan intérieur) c’est se rappeler chaque jour qu’on ne se néglige pas. C’est nourrir son amour-propre, cultiver une estime de soi saine, et ancrer en soi l’idée qu’on mérite d’être bien, à tous les niveaux. Ce geste extérieur agit alors comme un levier intérieur : il renforce notre motivation à prendre soin de nous en profondeur, à entreprendre des actions de bien-être plus exigeantes, mais aussi plus durables. Parce qu’en réalité, le soin que l’on s’accorde sur le plan visible prépare le terrain au travail plus subtil, plus intime, qui se joue à l’intérieur.

Ceci étant dit, l’hygiène corporelle a bien entendu un impact direct sur notre santé. C’est un véritable pilier de prévention, et elle est donc parfaitement aligné avec l’un des fondements de la médecine prophétique.

Notre peau, par exemple, est une porte d’entrée et de sortie essentielle : elle respire, elle absorbe et elle élimine. En prendre soin permet notamment de limiter les toxines, les infections et les déséquilibres qui pourraient apparaître dans notre corps. De même, souvent méconnue ou réduite à des fonctions “basiques”, la bouche représente tout un univers en soi ! Elle abrite elle aussi une flore complexe qui joue un rôle central dans notre immunité et dans notre équilibre digestif. Une mauvaise hygiène bucco-dentaire peut avoir des répercussions qui vont bien au-delà des gencives et des dents. On peut par exemple penser aux troubles digestifs, à de l’inflammation chronique, aux douleurs articulaires, et plus encore, qui ont souvent pour origine ou pour point d’ancrage une négligence prolongée sur ce plan. Prendre soin de sa bouche, et de sa peau, c’est donc indirectement prendre soin de tout son organisme. Et ça commence par des gestes simples et régulier, autrement dit des bonnes habitudes, que notre Prophète ﷺ nous a enseignés depuis plus de 1400 ans.

Mais il est important de souligner également que cette hygiène corporelle, portée sur un plan relativement “personnel”, ne doit pas seulement nous concerner nous, puisqu’elle doit également s’étendre à notre environnement. Car quand on y pense, serait-il réellement cohérent de s’entretenir soi-même, tout en dégradant tout ce qui nous entoure ?

Ainsi, il est tout aussi important de ne pas salir et d’entretenir l’environnement qui nous entoure. Ça commence certes par notre propre espace de vie (nettoyer son logement, ranger, épurer…), et la logique s’étend sur notre milieu de vie en général. Protéger et entretenir la nature, de respecter le monde qui nous entoure, ne pas salir ou encombrer les routes, les rues, les chemins par lesquels on passe, honorer l’eau et les matières premières en les consommant juste comme il faut… il s’agit donc en quelques sortes d’adopter une logique “écologique” qui soit en harmonie avec la création. Car il serait illusoire de croire que l’on peut évoluer et conserver une bonne santé et un bon état de bien-être tout en vivant dans un environnement qui soit profondément malade. C’est donc à chacun et chacune d’entre nous d’en prendre soin, à son niveau, avec ses capacités et là encore par des petites actions simples du quotidien, tout comme on est censé le faire pour notre corps.

Le sommeil et la gestion du stress…

Le sommeil et la gestion du stress sont 2 sujets très vastes, extrêmement importants dans une logique de santé et de bien-être, directement liés, et qui nous concerne toutes et tous puisqu’ils sont très souvent, à notre époque, la source de nombreuses complications. Mais ils sont aussi 2 axes de travail essentiels dans la quête d’un mieux-être global. Nous aurons l’occasion d’en parler encore et toujours sur Le Figuier & L’Olivier, dans des articles et contenus dédiés.

Si on se concentre ici sur la médecine prophétique et le lien avec le sommeil et la gestion du stress, on peut mettre en évidence que le rythme de vie prophétique est un rythme parfaitement naturel, notamment concernant le sommeil. Se coucher relativement tôt, se lever avant l’aube, ne pas hésiter à opter pour les siestes courtes en journée… c’est un rythme qui respecte le corps, et soutient l’esprit pour une meilleure efficience dans nos activités quotidiennes.

La journée du musulman est rythmée par les 5 prières obligatoires, dont nous avons déjà parlé plus haut, et réparties sur des moments clés de l’aube, de la journée, et de la soirée. La prière et son rythme ne sont pas anodins et sont définis selon des moments clés, qui nous permettent de continuellement rester éveillés et connectés à Dieu, à la manière d’une piqûre de rappel et de lumière constante. C’est le bouclier absolu contre une mauvaise gestion du stress et contre l’épuisement généralisé qui menace un grand nombre d’entre nous au quotidien.

Le Dhikr, au cœur de la Sunnah, est aussi un remède précieux : il apaise le cœur, régule le souffle, aligne les pensées. Il agit comme une médecine de l’âme dans un monde beaucoup trop agité pour la nature humaine.

Sans nécessairement donner trop de détails, on comprend donc aisément que le sommeil et la gestion du stress font donc partie intégrante de la médecine prophétique, de la Sunnah, et de l’approche islamique en matière de bien-être.

L’activité physique : utiliser le mouvement au service de sa vitalité, et de ses adorations.

Bouger, marcher, travailler de ses mains, participer à la vie collective, être mobile : notre Prophète ﷺ était un homme qui vivait dans le mouvement, dans l’action, dans l’endurance, dans la proximité avec la nature, dans une hygiène de vie active et connectée à la création.

Il montait à cheval, il marchait souvent à pied, il participait aux tâches domestiques, et il savait également combattre avec vaillance et détermination quand cela était nécessaire. Son corps était fort, souple, endurant, et au service de sa mission. Et toute cette vitalité n’était pas éloignée de sa spiritualité. Elle en faisait partie.

Prendre soin de son corps par le mouvement et l’exercice physique, c’est lui permettre de se renforcer, de mieux fonctionner, d’éliminer, mais aussi de mieux ressentir. C’est réveiller ou ré-activer l’énergie qui sommeille en nous, c’est permettre à la vie de pouvoir s’exprimer, et c’est également dénouer les tensions que l’on ressent, qu’elles soient physiques ou mentales. Le mouvement et l’activité physique nous permettent de profiter d’une forme d’ancrage, de clarté, de stabilité intérieure. Et on le ressent souvent presque instantanément : dès qu’on bouge et qu’on se dépense, une énergie nouvelle circule, portée notamment par la dopamine libérée par le corps, et ce, que l’on soit sportif assidu ou habituellement peu enclin à l’effort.

Prendre soin de son corps par le mouvement et l’exercice physique, c’est lui permettre de se renforcer, de mieux fonctionner, d’éliminer, mais aussi de mieux ressentir. C’est réveiller ou ré-activer l’énergie qui sommeille en nous, c’est permettre à la vie de pouvoir s’exprimer, et c’est également dénouer les tensions que l’on ressent, qu’elles soient physiques ou mentales. Le mouvement et l’activité physique nous permettent de profiter d’une forme d’ancrage, de clarté, de stabilité intérieure. Et on le ressent souvent presque instantanément : dès qu’on bouge et qu’on se dépense, une énergie nouvelle circule, portée notamment par la dopamine libérée par le corps, et ce, que l’on soit sportif assidu ou habituellement peu enclin à l’effort.

Dans une parole prophétique, il est dit que :

« le croyant fort est plus aimé d’Allah que le croyant faible, même s’il y a du bien dans les deux.« 

(Hadith rapporté par al-Bukhârî.)

Ce hadith intègre plusieurs axes de compréhension, mais il inclut aussi la force physique, lorsque celle-ci est mise au service du bien.

Il est important de noter aussi que l’activité physique ne se résume pas au fait de nécessairement réaliser une performance. Elle ne doit pas s’installer dans une course à l’image et au paraître, ni même à une exigence esthétique, et ce bien que l’impact esthétique sur le corps en est logiquement l’une des conséquences positives. Dans la vision prophétique, le mouvement et l’activité physique est là encore une question d’équilibre et fait partie de l’hygiène de vie. Elle peut-être certes parfois contraignante, et parfois un plaisir, mais elle est avant tout une manière de maintenir son potentiel physique disponible pour l’adoration, la famille, et les engagements de la vie.

Bien sûr, elle permet aussi, d’un point de vue fonctionnel, de prévenir de nombreuses pathologies modernes : troubles circulatoires, inflammations chroniques, troubles du sommeil, stress accumulé, prise de poids, perte de vitalité… car un corps qui bouge est un corps qui respire, qui élimine, et qui se régénère. Vous avez sans doute déjà entendu l’expression suivante : “le mouvement c’est la vie”. Et bien c’est là toute l’idée, et on pourrait la personnaliser un peu plus en disant que “le mouvement encourage et protège la vie”.

Et sachez que même une simple marche quotidienne, faite avec présence, peut devenir un acte d’adoration si elle est portée par une bonne intention : préserver sa santé, admirer la création, prendre un moment pour soi, ou retrouver de la clarté d’esprit. Bouger, tout en se rappelant la grandeur d’Allah est une manière de faire du dhikr qui ne peut qu’être bénéfique.

De nombreux métiers nous clouent aujourd’hui toute la journée à une chaise, devant un écran, que l’on a tendance à retrouver le soir, dans les transports, ou dès que l’on a 5 minutes à “tuer”. Le confort moderne dans lequel nous vivons finit en réalité par nous affaiblir, petit à petit, et de manière inconsciente.

Remettre le mouvement au cœur de notre quotidien est donc essentiel, et peut devenir à la fois un acte de résistance, et aussi un acte d’amour et de reconnaissance pour le dépôt que nous a confié Allah, notre corps.

La gratitude : le rémède invisible au pouvoir immense !

S’il y a bien un réflexe intérieur, à cultiver chaque jour pour entretenir son bien-être et présent dans l’approche de la médecine prophétique, c’est la gratitude !

L’idée n’est pas simplement de répéter machinalement une formule d’auto-conviction comme pourraient le conseiller certaines approches de développement personnelles modernes, mais d’avoir une posture pleinement vivante et incarnée vis à vis de la gratitude. Le but est d’adopter une meilleure façon de regarder la vie, avec conscience et vérité, de se recentrer sur ce qui est bel et bien là pour nous, sur ce qui fonctionne encore et toujours, sur ce qui est doux dans une vie qui n’est pas nécessairement censée être facile, et sur ce qui est pleinement porteur de sens.

Allah nous dit dans le Coran :

« Et si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous.« 

(Sourate Ibrâhîm, verset 7.)

La gratitude ouvre la porte à l’abondance. Je ne parle pas forcément de l’abondance matérielle, mais bel et bien d’une abondance intérieure. Faire preuve de gratitude et s’y éxercer régulièrement, c’est accéder à une paix, une clarté, et une confiance intérieures qui allègent les fardeaux et aident énormément à guérir nos blessures invisibles.

De nombreuses études scientifiques récentes ont d’ailleurs montré que les personnes qui pratiquent régulièrement la gratitude ont une meilleure santé mentale, dorment mieux, gèrent mieux le stress, et entretiennent des relations plus stables et positives.

Et cette sagesse, l’Islam nous l’a déjà transmise, depuis le début. En effet, le croyant est celui qui remercie son Seigneur en toute circonstance. Il reconnaît que chaque souffle, chaque gorgée d’eau, chaque rayon de soleil est une faveur. Et cette reconnaissance n’est pas théorique : elle se vit, elle se pratique, et elle a le pouvoir de transformer profondément et durablement chacun et chacune d’entre nous.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Celui qui ne remercie pas les gens, ne remercie pas Allah.« 

(Hadith rapporté par Abû Dâwûd.)

La gratitude n’est donc pas qu’une affaire verticale, elle est aussi horizontale. Faire preuve de gratitude passe aussi par remercier les autres par la parole ou par des gestes, reconnaître le bien, valoriser les efforts, et bénir ce que l’on a plutôt que regretter ce que l’on n’a pas.

Et quand on y pense, et que l’on regarde autour de nous et à l’intérieur de nous, on se rend très vite compte que les bienfaits dont on bénéficie dans notre vie sont tout simplement innombrables. Lorsque l’on fait des exercices de gratitude, et que l’on note par exemple sur une feuille ou un carnet tout ce pourquoi on peut être reconnaissant, il arrive parfois que l’on ait du mal à démarrer et à poser les premières idées. Cela arrive notamment parce que nous sommes tellement habitués à avoir et utiliser ce que l’on a, que tous ces bienfaits sont devenus des acquis dans notre vie, et on ne se rend même plus compte de ce qu’ils représentent. Pourtant, très vite et en y réfléchissant, on reprend petit à petit conscience de ce que l’on a et de ce qui nous est cher. Que ce soit matériel (logement, voiture, objets utiles ou objets plaisir, vêtements, électro-ménager etc…), fonctionnel (travail, formation et études, services dont on bénéficie, connaissances etc…), humain (notre famille, notre épouse/époux, nos amis, nos enfants, nos enseignants etc…), physique (notre santé, nos 5 sens, notre corps, nos organes, notre mobilité, notre respiration etc…), ou bien sûr spirituel (Allah, notre foi, le Coran, la Sunnah…). Allah, par Sa grande miséricorde, nous a accordé et continue de nous accorder tellement, à chaque seconde qu’Il fait ! Il est donc important, extrêmement bénéfique et curatif de travailler continuellement sa gratitude pour pouvoir rester dans le vrai, ou voir à nouveau notre vie avec le bon regard.

Et quand on y pense, et que l’on regarde autour de nous et à l’intérieur de nous, on se rend très vite compte que les bienfaits dont on bénéficie dans notre vie sont tout simplement innombrables. Lorsque l’on fait des exercices de gratitude, et que l’on note par exemple sur une feuille ou un carnet tout ce pourquoi on peut être reconnaissant, il arrive parfois que l’on ait du mal à démarrer et à poser les premières idées. Cela arrive notamment parce que nous sommes tellement habitués à avoir et utiliser ce que l’on a, que tous ces bienfaits sont devenus des acquis dans notre vie, et on ne se rend même plus compte de ce qu’ils représentent. Pourtant, très vite et en y réfléchissant, on reprend petit à petit conscience de ce que l’on a et de ce qui nous est cher. Que ce soit matériel (logement, voiture, objets utiles ou objets plaisir, vêtements, électro-ménager etc…), fonctionnel (travail, formation et études, services dont on bénéficie, connaissances etc…), humain (notre famille, notre épouse/époux, nos amis, nos enfants, nos enseignants etc…), physique (notre santé, nos 5 sens, notre corps, nos organes, notre mobilité, notre respiration etc…), ou bien sûr spirituel (Allah, notre foi, le Coran, la Sunnah…). Allah, par Sa grande miséricorde, nous a accordé et continue de nous accorder tellement, à chaque seconde qu’Il fait ! Il est donc important, extrêmement bénéfique et curatif de travailler continuellement sa gratitude pour pouvoir rester dans le vrai, ou voir à nouveau notre vie avec le bon regard.

C’est donc une discipline du regard, mais aussi du cœur et de la langue. Un travail intérieur qui transforme notre rapport à la vie. Elle nous apprend à voir autrement, à apprécier autrement, à manger autrement, à boire autrement, et même à respirer autrement.

Et dans les moments d’épreuve, la gratitude devient clairement un refuge car elle nous ramène à l’essentiel. Elle nous rappelle que tout ne va peut-être pas bien, mais que tout n’est pas perdu pour autant et qu’il y a encore en nous et autour de nous des signes d’amour, et des points d’espérance.

En cultivant la gratitude, on fortifie donc notre cœur, on apaise notre esprit, et on ouvre la voie à une guérison plus profonde que n’importe quel médicament : celle du lien restauré avec notre Seigneur, Le tout Miséricordieux, Le très Miséricordieux, et Celui qui ne cesse de donner.

La Ruqya et le Coran : se soigner par la Parole d’Allah ✨

Le ‘ayn, ou le mauvais œil, est une réalité reconnue dans les textes authentiques. Le Prophète ﷺ a affirmé clairement :

« Le mauvais oeil est une réalité. S’il y avait quelque chose qui pouvait devancer de décret divin (al-qadar), cela aurait été le mauvais oeil.« 

(Hadith rapporté par Muslim.)

Ce hadith montre à la fois la force du mauvais oeil mais il met aussi en évidence sa limite, car nous savons que rien ne peut dépasser le décret d’Allah. Si le mauvais œil atteint une personne, ce n’est donc jamais en dehors de la permission divine.

Dans un autre hadith, il est rapporté que :

« La plupart des membres de ma communauté mourront à cause du mauvais oeil, après ce qui a été décrété par Allah.« 

(Hadith rapporté par al-Bazzâr, et authentifié par Al-Albani.)

Il est important de comprendre ici que cela ne signifie pas que le ‘ayn tue à proprement parler, mais qu’un grand nombre d’épreuves physiques, de fatigues, de blocages, de maladies ou de fragilités invisibles peuvent avoir pour origine une influence de ce type. Toutefois, en partageant ces enseignements, le Prophète ﷺ ne dramatise pas pour autant. Au lieu de ça, il nous informe, afin que nous puissions apprendre à nous protéger, et à protéger les autres.

C’est pourquoi il a rappelé un principe fondamental de prévention. Lorsqu’un homme provoqua involontairement un tort à un compagnon en le complimentant sans bénédiction, le Prophète ﷺ lui dit :

« Pourquoi l’un d’entre vous veut-il tuer son frère ? Si l’un d’entre vous voit chez son frère ce qui lui plaît, qu’il invoque la bénédiction pour lui.« 

(Hadith rapporté par Ibn Majah, et authentifié par Al-Albani.)

Ainsi, dans ce cas de figure et lorsque l’on envie quelqu’un, même avec bienveillance, la simple parole « Allahumma barik » (« Ô Allah, accorde ta bénédiction » ou « qu’Allah te bénisse ») devient alors une protection et un acte de fraternité. Car oui, le mauvais œil n’est pas toujours intentionnel. Au contraire, il naît souvent d’une admiration inconsciente et non encadrée par une bénédiction.

Enfin, face au mauvais œil, la position prophétique est claire : la ruqya est le remède. Lorsque quelqu’un était touché, le Prophète ﷺ disait :

« Faites-lui al-ruqya.« 

(Hadith rapporté par Boukhari et Muslim.)

Le fait de recourir à l’aide d’un Raqi est bien sûr parfois nécessaire, mais la meilleure ruqya reste celle que l’on effectue sur soi-même, et ce de façon régulière, comme faisant partie intégrante de notre hygiène de vie, au quotidien. Une ruqya simple, accessible à tous, centrée sur la Fatiha, Ayat al-Kursi, les sourates protectrices (Al-Falaq et An-Nas), les invocations authentiques et la lecture du Coran. Pas un rituel compliqué, pas une dépendance envers un “guérisseur”, mais un retour au tawhid, au dhikr, et à la Parole d’Allah.

Ainsi, le mauvais oeil existe, il peut affecter, mais il n’a aucun pouvoir autonome. Il ne dépasse pas le qadr d’Allah. Sa prévention repose sur la bénédiction, la modestie, la gratitude et la bonne intention. Et sa guérison repose sur la ruqya authentique, la lecture du Coran et la confiance totale en Allah, le Seul véritable Protecteur.

Si l’on revient sur la lecture du Coran, il est évident que celui-ci est un pilier majeur de la médecine prophétique, étant avant tout un pilier majeur dans la vie du croyant. En effet, le Coran est un médicament à lui seul, il est la Parole Divine, et il devrait être notre plus fidèle et intime compagnon au quotidien, tout au long de notre vie.

Allah l’a révélé comme étant :

« …une guérison pour ce qui est dans les poitrines.« 

(Sourate Yunus, verset 57.)

Et pourtant, combien d’entre nous le laissent bien trop souvent de côté, si ce n’est totalement ?

Lorsque le médecin prescrit un traitement, on met un point d’honneur à le suivre scrupuleusement, sans forcément en comprendre totalement son rôle sur notre corps ou notre maladie et on le prend même parfois à contrecœur.

Allah, qui nous aime plus que notre propre mère, nous a prescrit le Coran. Pourquoi ne pas l’utiliser, le lire, le réciter, le comprendre, et le méditer avec autant de sérieux ? Il est pourtant là, sur une étagère, dans une bibliothèque, il est parfois même mis en évidence dans nos foyers. Il ne coûte rien malgré qu’il soit précieux, il est parfaitement accessible malgré son immense profondeur, et il guérit le coeur et l’âme du croyant comme nul autre remède, traitement ou médicament ici-bas.

De la même façon que la prière, que nous avons vu plus haut, une simple question à se poser lorsqu’on éprouve du mal-être, des difficultés, et des épreuves dans notre vie, serait la suivante : quelle est ma relation avec le Coran ? Car là aussi, très souvent, l’éloignement du Coran représente la cause majeure de bien des maux, mais à l’inverse, s’en rapprocher peut aussi représenter une source de guérison très puissante pour le musulman sincère et éveillé.

Un mot sur la Hijama.

Vous en avez sans doute déjà entendu parler, peut-être également par le terme anglophone “cupping therapy”. La hijama est une méthode traditionnelle faisant partie de la médecine prophétique, qui consiste à appliquer des ventouses sur certaines zones du corps afin de créer un effet d’aspiration.

Il en existe 2 formes : la hijama sèche, qui utilise uniquement la succion des ventouses pour stimuler la circulation et dénouer les tensions, et la hijama humide, où l’aspiration est suivie de très fines incisions permettant d’évacuer un sang considéré comme chargé de toxines ou de stagnations internes. L’objectif n’est pas de “faire saigner”, mais d’aider le corps à relâcher ce qui l’encombre, à s’alléger, à retrouver une meilleure fluidité et à soulager certains déséquilibres.

Le Prophète ﷺ a vivement recommandé cette pratique en disant que :

« Le meilleur des traitements que vous puissiez utiliser est la hijama.« 

(Hadith rapporté par al-Bukhârî.)

En France, la hijama n’est malheureusement pas reconnue comme un acte médical officiel. Seule la hijama sèche est aujourd’hui tolérée, lorsqu’elle est pratiquée dans un cadre de bien-être, sans diagnostic ni promesse thérapeutique. La hijama humide, en revanche, est considérée comme un acte médical et est donc interdite sur le territoire français en dehors d’un cadre strictement médical. Il est donc essentiel de faire preuve de discernement, et de se tourner vers des praticiens sérieux, formés et transparents dans leur démarche. Cela vaut aussi si vous faîtes une hijama à l’étranger, assurez-vous du sérieux de votre praticien pour vous éviter toute complication ou risque sanitaire.

Nous aurons l’occasion de revenir plus en détail sur ce sujet dans Le Figuier & l’Olivier, et je vous encourage bien sûr, si le sujet vous interpelle, à vous tourner vers des ouvrages de qualité pour en approfondir votre compréhension.

La médecine prophétique entre tradition, science et « modernité »

Une approche holistique du bien-être, qui prend son essence dans la foi.

Vous l’avez déjà compris si vous avez lu l’article jusqu’ici : ce qu’on appelle aujourd’hui « médecine prophétique » ne se résume pas simplement à une série de remèdes ou de recettes miracles. C’est avant tout une vision de la santé qui est profondément enracinée dans l’Islam, qui relie notre corps, notre âme et notre esprit, et qui replace le bien-être dans une logique de foi, d’éthique et de pleine conscience à Allah.

Ce que je trouve toujours incroyable (mais en réalité pas surprenant en tant que croyant), c’est de constater à quel point un très grand nombre des conseils issus de la Sunnah, et des enseignements que nous offre le Coran, trouvent un écho retentissant vis à vis de la science d’aujourd’hui.

La Sunnah et les découvertes scientifiques modernes.

En effet, des pratiques qui semblaient anecdotiques ou culturelles il y a encore quelques décennies font désormais l’objet d’études approfondies, et avec à la clé de plus en plus de validations scientifiques. Le jeûne intermittent, les ablutions, l’importance du sommeil nocturne, le fait de modérer sa consommation de viande, la bienveillance, l’exercice physique régulier, la gestion des émotions, la méditation et le fait de se purifier intérieurement par la prière ou le dhikr… ce sont autant de piliers ou d’enseignements que l’on retrouve dans notre religion depuis des siècles et des siècles, et qui sont aujourd’hui plébiscités par la recherche en santé publique, en neurosciences, en médecine préventive, ou encore en psychologie.

Prenons un exemple très simple : celui du jeûne.

Il est pratiqué par les musulmans depuis des siècles, avec une intention spirituelle profonde. Aujourd’hui, des chercheurs modernes, sans aucun lien particulier avec la foi et plus précisément l’Islam, mettent en lumière les effets régénérateurs du jeûne (correctement pratiqué et adapté) sur la longévité, les processus inflammatoires, et le corps de manière générale. En d’autres termes, là où la science commence seulement à en entrevoir les bienfaits, la Sunnah nous l’a enseigné et continue de nous l’enseigner, par amour et soumission à Dieu, depuis plus de 14 siècles.

Comme nous l’avons vu plus haut, on pourrait aussi citer à nouveau l’exemple de la prière, qui elle aussi, incarne pleinement le lien très fort qu’il existe entre la sphère spirituelle et la sphère physiologique.

Les études montrent là encore tous les effets positifs qu’elle apporte sur le stress, la régulation émotionnelle, la posture, la respiration, et même la mémoire. Mais nous savons que bien au delà des chiffres ou des analyses, la prière est avant tout un lieu et un temps de rencontre avec notre Seigneur, une source de paix, et la meilleure des ressources que nous pouvons trouver ici-bas.

Les études montrent là encore tous les effets positifs qu’elle apporte sur le stress, la régulation émotionnelle, la posture, la respiration, et même la mémoire. Mais nous savons que bien au delà des chiffres ou des analyses, la prière est avant tout un lieu et un temps de rencontre avec notre Seigneur, une source de paix, et la meilleure des ressources que nous pouvons trouver ici-bas.

Le Prophète ﷺ disait à Bilal :

« Ô Bilal, apporte-nous du repos par la prière.« 

(Hadith rapporté par Abû Dâwûd et Ahmad.)

De même, un autre exemple qui revient souvent concerne l’usage du siwak. Il a été si souvent recommandé par notre Prophète ﷺ, et il est aujourd’hui largement validé pour ses propriétés antibactériennes naturelles puisqu’il nettoie, rafraîchit, et protège notre flore buccale, elle-même indispensable à notre bien-être et notre santé globale.

Notre Prophète ﷺ a dit également :

« Si je ne craignais pas d’imposer une gêne à ma communauté, je leur aurais ordonné d’utiliser le siwak avant chaque prière.« 

(Hadith rapporté par al-Buhkârî et Muslim.)

Il nous rappelle ainsi que l’hygiène du corps est aussi liée à celle du cœur, car en prenant soin de nous en conscience, nous prenons également soin de la relation que nous avons avec Allah, mais aussi avec les autres.

Ainsi, il existe des dizaines et des centaines d’exemples comme ceux-là, que l’on appelle communément les « miracles scientifiques du Coran et de la Sunnah ». Des exemples que nous prendrons le temps d’étudier et de découvrir ensemble, In sha Allah, petit à petit et au fil des articles et des ressources partagées dans le cadre du Figuier & L’Olivier.

Un savoir en avance sur son temps et qui, par définition, le restera.

Non pas que nous ayons besoin d’une validation extérieure pour y croire, car le croyant place toute sa confiance dans la Parole d’Allah et dans la véracité de la Sunnah.

Mais tout ceci nous rappelle à quel point cette guidance était (et restera toujours) en avance sur son temps.

Le Coran et la Sunna recèlent de trésors de savoirs, d’enseignements et de sagesses qui continueront d’être découverts, éclairés, expliqués, parfois même seulement partiellement, par la science moderne. Et il restera toujours une part de “mystère”, de vérité inaccessible à la raison humaine, car la Parole Divine dépasse par définition le cadre limité de ce que l’être humain est en capacité d’entendre et de comprendre.

Cette avance ne s’arrête donc pas au passé. Car le Coran et la Sunna, de par leur nature et leur provenance, contiennent des vérités encore floues, des sagesses que la science humaine découvre peu à peu, et d’autres qu’elle ne pourra peut-être jamais expliquer.

Comme l’a dit notre Prophète ﷺ :

« Il n’y a pas de maladie qu’Allah ait créée sans avoir aussi créé son remède.« 

(Hadith rapporté par al-Buhkârî.)

On comprend donc que ce qui a déjà été confirmé n’est qu’une infime partie de ce qui reste à explorer.

Une posture d’équilibre, entre la foi et la raison.

La médecine prophétique n’est donc pas une alternative à la science, ni un rejet du savoir médical moderne. Elle n’est pas non plus une médecine magique, figée ou dogmatique. Elle représente une fondation solide, un système préventif d’abord avant d’être curatif, une boussole et une lumière pour nous en tant que croyants.

Elle invite à la recherche de l’équilibre, de la modération, de la cause profonde, et d’une connexion consciente à Dieu. Muhammad lui-même ﷺ a consulté des médecins. Il nous a recommandé de chercher à nous soigner par les moyens qui s’offrent à nous, de ne pas rester passifs face à la maladie, et de faire preuve d’intelligence et de mesure.

Ce retour à la médecine prophétique ne doit donc pas devenir un prétexte à rejeter les avancées de la science, ni à tomber dans un quelconque excès. Il ne s’agit pas de croire que les remèdes prophétiques suffisent à tout, et à refuser un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire. Il ne s’agit pas non plus de faire des recommandations prophétiques un commerce agressif, malheureusement trop répandu aujourd’hui, ni de supporter ou véhiculer des discours anxiogènes sur le mauvais œil, les jinns ou la rokya sans fondement ni prudence, et sans le savoir et les compétences en la matière.

La vérité est synonyme d’intelligence. Les enseignements traditionnels demande de la réflexion et de la rigueur. Et la foi est synonyme d’équilibre.

Là encore, notre Prophète ﷺ nous enseigne :

« Il n’y a pas de maladie qu’Allah ait créée sans avoir aussi créé son remède.« 

(Hadith rapporté par Ahmad.)

Une médecine intégrative et un pont accessible avec l’approche naturopathique.

Il est donc fondamental de rester dans une posture d’humilité, en prenant ce que la médecine moderne peut nous offrir de plus utile, tout en s’appuyant sur les sagesses intemporelles de la tradition prophétique. Car c’est dans ce dialogue équilibré qu’émerge une médecine profondément humaine, durable, éthique et intégrative.

C’est d’ailleurs ce même esprit qui anime l’approche que nous développons dans le cadre du projet Le Figuier & L’Olivier. Une approche enracinée dans la spiritualité musulmane, mais ouverte sur les apports actuels de la naturopathie, de la science, de l’expérience et du bon sens.

On pourrait alors légitimement se demander si l’approche naturopathique est compatible avec l’Islam et avec la médecine prophétique. Et la réponse est oui, dès lors qu’elle reste ancrée dans une éthique claire, dans une recherche des causes profondes, dans une vision globale de la personne, et qu’elle ne glisse pas vers des pratiques ésotériques, douteuses ou contraires à notre foi.

Car lorsqu’on y regarde de plus près, l’approche naturopathique (telle qu’elle m’a été enseignée, et lorsqu’elle est pratiquée sérieusement) partage de nombreux fondements avec la médecine prophétique : prévention plutôt que réaction, équilibre plutôt que performance, hygiène de vie et principe d’auto-guérison plutôt que surmédicalisation, écoute du corps plutôt que domination du symptôme, personnalisation et individualisation des cures plutôt que généralisation, valorisation des remèdes simples et naturels plutôt que dépendance aux molécules chimiques, responsabilité et implication personnelle dans la prévention et la guérison plutôt que prise en charge et attente d’un soin facile, rapide mais parfois iatrogène…

On pourrait là encore citer de nombreux points que les 2 approches ont en commun et qui rejoignent profondément ce que l’islam nous enseigne depuis toujours. À savoir que notre corps est un dépôt confié par Allah, qu’il mérite soin et attention, et que la guérison ne peut être complète que si elle englobe l’extérieur et l’intérieur, le visible et l’invisible, le matériel et le spirituel.

Une sagesse intemporelle pour l’Homme “moderne”.

En synthèse, vous comprenez donc que loin d’être un héritage archaïque ou marginal, la médecine prophétique se révèle être une source d’inspiration précieuse, à la fois enracinée dans le divin et confirmée par la raison.

Elle ne nous invite pas à nous enfermer, mais à nous recentrer. Elle ne nous empêche pas d’explorer d’autres outils, mais elle nous rappelle l’essentiel. Et dans un monde qui va de plus en plus vite, qui fragmente le vivant, qui médicalise à l’excès, qui déconnecte l’homme de sa nature profonde, elle offre un chemin apaisant, structurant, réaliste et plein de sagesse. Un chemin que nous avons tout intérêt à retrouver, et à adapter à notre quotidien moderne, sans excès ni négligence.

Ainsi, la médecine prophétique ne s’oppose ni à la science, ni à la raison, ni à l’évolution. Elle est un phare. Elle nous éclaire dans le présent sans renier le passé, elle nous invite à faire les bons choix, à garder une forme d’équilibre, à vivre avec discernement, et à placer Dieu au centre de nos soins, de nos efforts, de nos attentes, et de notre confiance.

Conclusion : un retour à l’essentiel, avec foi et bon sens.

Nous ne le répéterons jamais assez, mais la santé est un dépôt sacré, une amana qu’Allah nous a confié ici-bas, pour que nous puissions vivre pleinement, œuvrer sincèrement, et L’adorer dans les meilleures conditions possibles. Prendre soin de ce dépôt n’est ni un luxe, ni une option. C’est une responsabilité, un acte de foi, et une forme d’adoration à part entière que nous devons toutes et tous faire l’effort d’honorer.

La médecine prophétique n’est pas une approche figée dans le passé, ni une simple alternative aux thérapies modernes. Elle est une lumière et un rappel. Une sagesse intemporelle qui traverse les siècles et les cultures, et qui vient nous recentrer sur ce qui est juste, équilibré, profondément humain, et aligné avec notre fitra.

À travers cet article, j’ai souhaité vous transmettre les grands piliers de cette approche. Son esprit, sa beauté, sa pertinence et son lien indissociable avec la foi.

J’espère qu’il vous aura permis d’y voir plus clair, de mieux comprendre comment les enseignements de la Sunnah peuvent nourrir notre santé, et surtout de faire naître en vous une envie sincère de (re)mettre en place des habitudes plus simples, plus saines et plus alignées dans votre vie.

Très bientôt, je publierai un article complémentaire avec mes recommandations de lecture, à savoir des ouvrages fiables, accessibles et enrichissants pour pouvoir aller plus loin dans l’étude de la médecine prophétique et continuer ainsi à nourrir votre cheminement.

Vous trouverez aussi régulièrement de nouveaux articles, outils et contenus sur le blog du Figuier & l’Olivier, in sha Allah.

Enfin, si ce chemin vous parle, si vous ressentez le besoin d’être accompagnés pour retrouver votre équilibre, clarifier vos priorités, ou remettre de l’ordre et de la cohérence dans votre hygiène de vie, sachez que nous sommes là pour vous aider, toujours avec bienveillance, sérieux, écoute, et respect de nos valeurs.

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Qu’Allah vous protège, vous élève et vous éclaire dans votre quête de mieux-être. Qu’Il nous accorde la santé du corps et du cœur, la clarté de l’esprit, et la paix de l’âme. Amin. ✨ 

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